La formule magique du « professeur » Chapoutier

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5 ha de vins sans IG à 200 hl/ha pour 15 ha d’AOC à 40 hl ! La formule magique du « professeur » Chapoutier

michel_chapoutierMichel Chapoutier n’est pas qu’un bon assembleur de syrah rhodanienne. Le président du syndicat de l’AOC Hermitage est aussi un bon artificier. Il connaît les proportions pour faire un bon détonateur. Les siennes sont simples. Et elles devraient faire bondir les puristes du terroir mais parler aux petits vignerons en manque de trésorerie. Même si nombre de ces derniers ont -par atavisme- de sérieuses réserves vis-à-vis des négociants…

Pour le nouveau patron du syndicat des négociants (l’Union des maisons et marques de vin) et vigneron négociant rhodanien émérite avec 50 millions de bouteilles vendues, il faut sortir de l’opposition entre AOC et vins sans IG. Sauver la viticulture française implique à ses yeux de permettre aux vignerons de produire plus afin de dégager de la trésorerie et financer ainsi les investissements nécessaires pour valoriser leurs vignes AOC.
Comment ? En produisant des vins sans IG (Vin sans Indication géographique). Cela consiste sur quelques hectares -par exemple 5 sur une exploitation de 20 ha- à produire un rendement de 200 hl/ha comme l’autorise la réglementation. Selon Michel Chapoutier, à un tarif en vrac autour de 50 € l’hl, le vigneron pourrait ainsi dégager 10 000 € hl et donc un peu de trésorerie pour investir et travailler ses vignes AOC sur une optique de long terme.
Devant de tels chiffres, beaucoup devraient faire un bond au plafond alors même qu’ils ont du mal à atteindre les 45 hl. Mais pour le négociant de la vallée du Rhône, les solutions technologiques (irrigation etc..) existent pour atteindre de tels rendements.
La voix de négociant décomplexé rencontrera d’autant plus d’écho qu’elle tombe au moment-même où l’on n’a jamais autant parlé d’un déclin de la viticulture française notamment en termes de rendement. Tant il est vrai que la chute structurelle de la production qui frappe la plupart des vignobles serait moins due, selon lui, aux caprices du climat qu’à un manque de ressources dans les exploitations pour entretenir et investir sur le vignoble sur le long terme.

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