Jean-François Janoueix, le Corrézien de Saint-Emilion

0

janoueixJean-Francois Janoueix a une bouille et une personnalité qu’on n’oublie pas. Au propre comme au figuré, il tient à la fois de Marcel Dassault, le père de Serge et des Mirage, et de Bernard Blier, célèbre « tonton flingueur ».

Avec sa voix à la fois rauque et un peu nasillarde, aussi généreux que près de ses sous, aussi truculent qu’élégant, il ne déparerait pas sur un marché aux bestiaux corrézien. D’ailleurs c’est de Corrèze qu’est originaire sa famille. Et il en est très fier. Il faut dire qu’en quatre générations, ces Corréziens sont parvenus à acquérir six châteaux en Saint-Emilion, quatre en Pomerol, deux en Castillon sans compter quelques autres en fermage. Au total : près de 200 hectares.

janoueix-retroJF Janoueix est donc l’exemple vivant du destin de ces dynasties corréziennes à l’instar de la famille Moueix -propriétaire de Pétrus- descendues prospérer dans le Bordelais à l’aube du XXème siècle. C’est Jean, le grand-père Janoueix, natif de Meymac qui, le premier, est venu vendre du vin. Joseph, son fils, créé son propre négoce et surtout il achète en 1930 le Château Haut Sarpe à Saint Emilion (ci-dessous) qui deviendra grand cru classé puis il acquiert en Pomerol les Châteaux La Croix et la Croix Saint-Georges.

janoueix_sarpe

Dans les années 1950, Joseph envoie son rejeton placer ses vins auprès des Bretons, des mineurs polonais du Nord-Pas-de-Calais ou des restaurateurs parisiens. JF Janoueix apprend à écouter ses clients et à devenir un vendeur hors-pair. Aujourd’hui le fichier clients des Janoueix compte 30 000 noms parfois fidélisés sur plusieurs générations. Un vrai capital qui permet d’éviter les fourches chauvines de la Grande Distribution.

1 2 3
Partager sur :

Les commentaires sont fermés.