Gérard Bertrand, Success story languedocienne

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 A côté du marasme qui frappe bien des vignobles du Languedoc-Roussillon, voilà pour une fois une belle success story avec des chiffres à vous filer le tournis. 20 Millions de bouteilles vendues dont 50% à l’export, 325 ha de beaux domaines en Languedoc, des vins présents sur tous les créneaux y compris dans les avions, de l’exceptionnel au vin quotidien ou encore un million et demi de bouteilles de vin bio vendues. Son père, Georges Bertrand, courtier innovant et vigneron, a inculqué à son fils, Gérard, le culte de la qualité, la maîtrise des rendements et de la vinification. Le fils a suivi cette voie en ajoutant comme cordes à son arc un art consommé du marketing et un esprit de compétition acquis au rugby pour décrocher des marchés à l’export. (ci-dessous à gauche aux côtés de Max Guazzini, président du Stade Français pour présenter les cuvées aux couleurs du Stade Français).

Ainsi décline-t-il son physique à la Vincent Cassel sur des affiches sur fond de croix occitane –le logo du groupe- et ses formules rodées dans les médias. «Quand on plante une vigne, c’est pour ses enfants…, le vin c’est du lien social…» Sans oublier, un déploiement dans les activités annexes d’œnotourisme qui participent à la la notoriété du groupe : festival de jazz autour du vin et hôtel trois étoiles dans son château de l’Hospitalet (82 ha en coteaux du Languedoc-La Clape). Un domaine racheté en 2001 au promoteur Jacques Ribourel qui en avait déjà posé les bases d’un ensemble flamboyant et emblématique d’une renaissance languedocienne centrée autour d’un art de vivre sur le vin.

Les observateurs évoquent parfois Bernard Tapie bachique…

En Languedoc, Gérard Bertrand est aussi admiré que redouté pour sa puissance et son sens des réseaux. A commencer par ceux de l’ovalie. Mezza voce, les observateurs évoquent parfois à son propos, une sorte de Bernard Tapie bachique pour résumer sa fulgurante ascension, son culot et son esprit de compétition. D’autres parlent d’un colosse aux pieds d’argile que la crise actuelle et l’effondrement de marchés importants comme la Grande-Bretagne pourraient bien secouer…
Mais la réforme en cours des appellations, et notamment l’autorisation des vins de cépages sans limitation de production, tombe à point nommé pour cet admirateur de Robert Mondavi, qui travaille sur des stratégies de marques. «Si les Français savent faire des marques ce sera la meilleure des choses.» botte en touche Gérard Bertrand quand on l’interroge sur les avantages du nouveau système qui s’ébauche . Certes. Mais c’est oublier que les Français restent également attachés à l’image du petit vigneron qui, année après année, s’échine à exprimer son terroir sur ses 20 hectares… En tout cas dans les bistrots à vin c’est cette image qui demeure quand les effets de mode -bouchon rose etc…- ont fait pschitt….

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