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Une récolte en hausse, des prix que l’on espère aussi en hausse, une Provence rétive au Rhône, des rendements « anormaux » à 1000 hecto/ha… et des Bordelais qui hésitent parfois entre AOC et Vins de France sans indication géographique…

Le 6 septembre, Jérôme Despey, président du Conseil spécialisé de FranceAgriMer pour la filière viticole a appelé à la responsabilisation des acteurs pour qu’ils ne freinent pas la hausse des prix des vins.

Jérôme Despey

Jérôme Despey

Avec 48 M d’hl, la récolte 2011 devrait être un peu supérieure à celle de 2010 (45 M d’hl), elle ne sera pourtant pas exceptionnelle sur le plan quantitatif. En 2006, on avait atteint 53 M d’hl. Tant mieux pour les vignerons qui voient depuis quelques mois les cours remonter. Il faut dire que les stocks sont bas. Même les coopératives – dont certaines dans le sud-est furent très impactées ces dernières années- se sont réjouies du bon niveau des prix à l’exception du blanc et notamment du muscadet – point noir français- où les stocks ont été sous-estimés. D’après Jérôme Despey, les cours des vins de cépages pourraient continuer à augmenter de 5 à 10%. Pas question de casser  cette mécanique à la hausse. D’où l’appel lancé aux metteurs en marché de se montrer responsables et de jouer la carte de la contractualisation au sein d’interprofessions. Avec l’espoir qu’ils s’engagent sur des contrats pluriannuels   avec des clauses de révision des prix basés sur les indicateurs de FranceAgriMer.

La Provence continue de vouloir son propre bassin de production
Visiblement, les bassins de production continuent de poser problèmes dans le Sud. Ainsi, en va-t-il des Provençaux qui continuent de refuser de siéger au Bassin Rhône-Provence. Pour Jérôme Despey, pas question de rouvrir la boîte de Pandore, en créant un 11ème bassin pour la Provence. D’où la proposition de créer une section propre aux Provençaux.

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Des anomalies avec des rendements de 500 à 1000 hl/ha  dans les déclarations
Quelques malins savent parfaitement tirer partie des failles d’un système où l’INAO a en charge les AOC et IGP et FranceAgriMer les vins de cépages et les vins sans Indication géographique (les ex-vins de tables devenus vins sans IG). On se retrouve parfois avec des rendements déclarés de 500 hl voire de 1000 hl/ha. Dans le jargon, on a baptisé ce phénomène de « vignes éponge ». On assure chez FranceAgriMer qu’on va travailler avec l’INAO sur la mise en en place des contrôles.
Sans affectation parcellaire prévue dès l’origine -ce qui est possible dans certains vignobles- on assiste à des changements de destinations en fin de parcours. En clair, une fois les grains en cuves, on peut décider de passer de l’AOC au vin de cépages sans IG. Par exemple en merlot ou cabernet-franc. Sauf que le coût de production impliqué pour respecter les contraintes d’un cahier des charges AOC n’est pas le même en principe qu’un vin sans IG. Mais tout le problème vient justement du respect par certains du rendement maximal autorisé. Vieux serpent des mers de la viticulture française.

Des centaines d’hl de Bordeaux qui pourraient devenir des merlots sans IG
Sur les bordeaux génériques où les cours sont très bas, il y a débat au CIVB pour connaître le volume de vin qui pourrait passer en vins sans IG. La fourchette est aussi étendue  -de 400 000 à un million d’hl… – que le débat est tendu. «J’en appelle à la responsabilité des Bordelais. Bordeaux ne peut pas jouer la carte de l’AOC et une fois en cuve faire du vin sans IG. Il faut une affectation parcellaire. Il faut qu’on le fasse dans les mêmes conditions que les autres régions. On peut déclarer en vins sans IG, mais en amont des récoltes »  a expliqué Jérôme Despey lors d’un point de presse du 6 septembre. Pas simple aussi pour des Bordelais d’abandonner l’étiquette Bordeaux.

 

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