Le grand vin français perd une baronne romanesque

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L’héritière du Premier Grand Cru Classé Château Mouton-Rothschild, Philippine de Rothschild, s’est éteinte à 80 ans le 23 août. Son nom et son ascendance ne lui ont pas apporté que du bonheur. En 1944, alors que son père, Philippe, sixième génération de la branche anglaise des Rothschild, se bat à Londres pour la France Libre, elle est arrêtée par les nazis avec sa mère, Elisabeth Pelletier de Chambure. Elle échappe miraculeusement à la déportation contrairement à sa mère qui sera envoyée à Ravensbrück et y décédera.

baronne_rothschildContre toute attente, c’est vers le théâtre que Philippine s’oriente. De 1958 à 1964, elle est Sociétaire à la Comédie Française où -joli paradoxe pour une descendante Rothschild- elle excellera dans les rôles de soubrettes de Molière. En 1973, elle intègre la compagnie Renaud-Barrault. Pendant six ans, elle jouera la mère d’Harold aux côtés de Madeleine Renaud dans le pièce Harold et Maude.

A partir de 1981, elle revient peu à peu à « Mouton ». En 1988, au décès de son père, elle lui succède dans toutes ses fonctions. Pas question de gérer le domaine en « bon père de famille » comme l’entend le Code civil. A la grande surprise des Bordelais, elle va mettre la même énergie à développer ses vignobles que celle qu’elle a mise à arpenter les planches.

Comme son père qui est parvenu à faire passer son Mouton de 2ème à 1er cru, elle va se révéler tenace et volontaire. La présidente du Conseil de Surveillance et actionnaire majoritaire de la société Baron Philippe de Rothschild SA, premier exportateur de Bordeaux AOC va notamment créer un Second Vin Mouton Rothschild, le Petit Mouton et un grand Vin Blanc, Aile d’Argent. Au Chili, elle lance un grand rouge, Almaviva et en Languedoc, le Domaine de Baron’Arques. (lire le reportage).

Ses trois enfants, Camille, Philippe Seyreys de Rothschild vice-président de la société familiale et Julien de Beaumarchais, vont devoir reprendre le flambeau de Philippine. Sauront-ils conserver l’étincelle romanesque de leur mère à l’heure des tweets ?

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