Côte-Rôtie : Vidal-Fleury marie la Blonde à la Brune

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Au sud de Lyon sur les bords du Rhône, VF ne signifie pas forcément « version française » mais Vidal-Fleury. Du nom de la plus ancienne Maison rhodanienne encore en activité. Fondée en 1781, six ans plus tard elle recevait la visite d’un certain Thomas Jefferson, alors ambassadeur de la jeune république américaine.

La maison a survécu à la Révolution et au phylloxéra un siècle plus tard. Seul le manque de vocation viticole des héritiers dans les années 80 ont poussé à sa vente. C’est Marcel Guigal qui la racheta. Il la connaissait un peu puisque son père, Etienne, y avait été employé comme maître de chai. De quoi donner une jolie trame de départ pour une saga télévisuelle autour des vins rhodaniens…

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Aujourd’hui Guy Sarton du Jonchay assure que Guigal lui laisse les coudées franches dans la conduite de Vidal-Fleury. «Ma mission était de réveiller la belle-endormie» raconte ce prince charmant franco-argentin qui semble monter sur ressorts et jamais en retard d’une idée. Son profil de directeur-œnologue tranche surtout pour des maisons de cette taille. Diplômé d’agronomie et d’œnologie, il a roulé sa bosse de Listrac à l’Australie. Il a également succombé au charme des vignes de Mendoza en Argentine où il a fait du vin à 2000 m d’altitude.

Son profil plutôt rare, d’œnologue et de directeur, lui permet de décliner en cohérence une gamme dont les notes sont les plus belles appellations rhodaniennes. Côte-Rôtie, Condrieu, Saint-Joseph, Cornas, Hermitage et Crozes-Hermitage au nord ; Châteauneuf-du-Pape, Gigondas, Vacqueyras, Tavel, Cairanne, Côtes-du-Rhône Villages, Côtes-du-Rhône, Ventoux et Muscat de Beaumes-de-Venise au sud. Soit un million de bouteilles/an dont 70% filent à l’export. Pour les crus méridionaux, quand il achète ses raisins, il n’est pas question de jouer au négociant opportuniste à la recherche de coups. «Nous travaillons avec les mêmes vignerons depuis des années et tous nos vins sont élevés par nous et sortent du chai avec notre étiquette. » déclare Guy Sarton du Jonchay.

vidal_fleury_bottleMais évidemment c’est la Côte-Rôtie Côte Blonde La Châtillonne, assemblage de 88 % de syrah et de 12 % de viognier complantés. Un vin issu d’une parcelle de 0,8 ha (300 caisses par an) qui fait figure d’Everest bachique pour bien des amateurs. Son prix : 66,83€ pour le millésime 2009. Même si la cuvée la plus emblématique de Vidal-Fleury, c’est Brune et Blonde, assemblage des vins tanniques de la Côte Brune et des jus plus souples et tendres de la côte Blonde (40,30€ millésime 2007). Un vin splendide, entier et équilibré élevé sur lies pendant 4 ans en fûts et vieilli six mois en bouteille.

En 2008, Vidal-Fleury a investi près de 20 M€ dans ses nouveaux chais de 9 000 m2 pour optimiser l’élevage, le conditionnement et le vieillissement des vins en bouteilles. Son site n’a pas à rougir de la comparaison avec les wineries de la Napa Valley. Ces équipements lui permettent d’élever des vins jusqu’à 4 ans, avec un maximum de 700 000 bouteilles. De quoi arrondir les tanins d’une syrah qui n’est jamais plus fougueuse que sur son terroir originaire…

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