BISTROS A VIN
>> Des hommes, des femmes et des vins


Déborah Knowland, pasionaria du Bio

L’affreuse saison 2007 aurait-t-elle démontré les limites du bio ? Devant les attaques aussi précoces que massives du mildiou, quelques viticulteurs, craignant de voir toutes leurs récoltes compromises ont recouru aux produits phytosanitaires classiques, s’interdisant ainsi d’apposer sur leurs bouteilles tout label bio durant les quatre prochaines années.


Deborah Knowland, à la tête du domaine de Clairac, un des plus anciens domaines bio du Languedoc, n’a pas été épargnée non plus. Mais elle est dans le genre têtue comme ses ancêtres Irlandais du Connemara chassés par la disette des patates. Pas question de faire marche arrière. Au contraire, elle veut aller plus loin. Ne plus recourir aux produits autorisés tels que le cuivre utilisé en bouillie bordelaise contre le mildiou ou le soufre contre l’oïdium. Elle n’a rien d’une utopiste écolo, avant de reprendre son domaine de Clairac,   elle a travaillé comme chef de produit dans l’industrie agroalimentaire et pharmaceutique. Mais elle a pour elle de goûter tous les vins depuis qu’elle a 12 ans. Sa parole mérite d’être entendue. Interview.

 

Pour le vin bio, cet automne 2007 sonne-t-il l’heure de la  déroute ?
Les vignes bio ont plus souffert que les autres. Des viticulteurs bio ont fait marche arrière. Comment faire quand on perd 50% de sa récolte ? Nous n’avons pas été épargnés à Clairac, avec des pertes de 40 à 60% au point qu’on n’a même pas vendangé certaines parcelles. Ainsi, les pieds de marsanne ont été très touchés. Je ne crois pas que ce soit liés aux cépages mais plutôt à la façon dont les vignes ont été travaillées précédemment. Celles qui, bien que classées en bio, ont été matraquées au long des années, de cuivre et de soufre, ont beaucoup souffert. Les vignes, bio ou non, assommées de produits ont tendance à ne plus savoir se défendre. Au contraire, celles que j’avais travaillées an biodynamie sont restées impeccables.
Donc, même si la conjoncture est difficile,   je vais aller de l’avant. Mon objectif est de ne plus utiliser de cuivre d'ici trois ans. Aujourd'hui, j’en mets vingt fois moins que dans la viticulture traditionnelle.

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Domaine de Clairac
34370 Cazouls

Tél : 04 67 90 55 62

 


Au sein du domaine de Clairac, Déborah produit toute une gamme de vin de 6,50€ à 12,50 € la bouteille. Avec ses 42 hectares en coteaux du Languedoc, le domaine de Clairac fut parmi les premiers à produire du vin bio en France depuis les années 60.

 

Où le boire à Paris ?

Au Rez-de-Chaussée (Paris 18)
Au Juvéniles (Paris 1)