Les « Costières » à la façon du château Roubaud

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C’est un beau vignoble de 50 ha planté qui domine les étangs entre Vauvert et Gallician. Le Château Roubaud porte haut et de longue date les couleurs des costières de Nîmes. Il est d’ailleurs tout à faire caractéristique de l’appellation.

Un sol typé vallée du Rhône argilo-calcaire avec des galets roulés déposés par le fleuve pour un climat plus Languedocien, soit un fort ensoleillement mais un mistral plus apaisé qu’en Avignon. Le tout pour un vignoble planté en syrah et grenache, mourvèdre et cinsault pour les rouges et rosés et roussanne et grenache blanc pour les blancs. Depuis peu le viognier, admis récemment dans l’AOP, a fait son apparition.

Guillaume Molinier, 5ème génération aux commandes, a vécu toutes les évolutions de l’appellation Costières de Nîmes, d’abord VDQS Costières du Gard pour finalement devenir AOC Costières de Nîmes en 1986. Il a aussi vécu les changements dans les méthodes culturales et a dû s’adapter à la nouvelle donne. Dans ce pays vracquier par excellence, Roubaud a été l’un des premiers à vendre en bouteilles. De ce fait, il fut l’un des plus vendus en CHR. On l’a même trouvé durant longtemps sur la table de la famille royale britannique. Superstition des propriétaires ? L’étiquette n’a pas changé depuis les origines.

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Même s’il a perdu des parts à l’export, Château Roubaud tire encore son épingle du jeu et s’est épargné les descentes aux enfers de cours de vrac des Costières tombés parfois sous la barre des 75 € l’hecto. Guillaume Molinier n’a pas succombé aux sirènes des vins de Pays d’Oc. On peut encore boire du Roubaud dans une centaine d’affaires parisiennes. Son offre est lisible avec deux gammes simplissimes –l’une fruitée d’inspiration languedocienne à dominante de grenache, l’autre plus rhodanienne et tannique où la syrah l’emporte évoquant le gigondas ou le vacqueyras-. Le tout à un rapport qualité/prix plus que convaincant. Une chose est sûre : pas question pour Guillaume Molinier d’aller perdre l’âme du Château Roubaud sur les linéaires des grandes surfaces.

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costieres_nimes_roubaud3«Quand j’étais jeune, on ne commençait jamais les vendanges avant le 5 septembre. Maintenant, les années très chaudes, il arrive qu’on les termine à cette date.» Depuis quelques années, 70 % du vignoble est désormais vendangé à la machine. Pour les blancs et les rosés, elles débutent à 2 h du matin pour éviter l’oxydation des grains. «Grâce aux progrès réalisés sur les machines, les vignes ne souffrent plus» assure Guillaume Molinier. Roubaud n’est pas bio, mais le recours aux « phyto » a été considérablement réduit. Tant il est vrai aussi que grâce au mistral, l’humidité est inexistante. Question vinification, les cuves de béton sont les mêmes depuis les années trente, mais le revêtement interne vitrifié est périodiquement changé et chacune est désormais thermorégulée. Au final, des vins réguliers, et bien travaillés. Il suffit pour s’en convaincre de déguster la cuvée Summum issue de vieux pieds de syrah. Son nom n’est pas immérité.

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