Hélène Dupas décline son Château de Coursou au Bio

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C’est un endroit beau comme le début du monde. Une sorte de petit Eden au bord de la Gorge d’Enfer, une échancrure aux lèvres ourlées de vignes qui entame le plat du coteau sur la rive girondine de la Dordogne. Et oui, Pessac-sur-Dordogne se trouve en Gironde…

Et ce n’est pas le seul paradoxe du lieu. C’est aussi une des rares communes de France où le temple protestant se dresse au centre du village quand l’église catholique y est comme reléguée à l’extérieur, dans les vignes. C’est donc une affaire entendue, ici on aime bien ne rien faire comme tout le monde. C’est pourquoi, Hélène Dupas, femme de 58 ans, célibataire entourée de chats sur son domaine de château Coursou, fait un bordeaux bio hors du temps et hors des modes qu’elle aime vendre à ceux qui aiment le vin, les vrais amateurs, brefs les gens qui aiment boire.
Voici trente ans qu’elle traite sa terre et ses vignes comme elle-même. Sans fard, sans artifices et avec sincérité. Ici, c’est sûr et certain, pas de pesticides, pas d’engrais chimiques, aucune de ces cochonneries chimiques qui bousillent vite la santé des viticulteurs et plus insidieusement celle des consommateurs. Juste ce qu’il faut de cuivre pour traiter le mildiou comme cette année. Pas besoin de discours pour dire que c’est bon pour la nature. Il suffit d’entendre les oiseaux chanter dans les vignes et de voir l’incroyable variété d’herbes folles qui poussent entre les rangs entre deux labours pour s’en convaincre.

Hélène Dupas

Hélène Dupas

Et le vin dans tout ça ? Nature, comme le reste. Pas de barriques, de la cuve béton toute simple et des filtrations sur terre, sans excès, donnent un rouge à dominante cabernet-sauvignon qui tient le langage de la terre : droit, sombre, minéral, puissant, vertical, comme le 2005 que l’on pourra continuer à boire sans problème dans 10 à 15 ans. Le rosé est aussi tendre que sa teinte carmin pâle. Dire que c’est un vin de soif serait lui faire injure. Il est, justement, de ces vins qui se boivent sans soif. Juste pour le plaisir. Le blanc, fruité, a le sémillon suffisamment discret pour ne pas faire d’ombre au sauvignon. Quoi, les huîtres d’Arcachon ne sont pas encore ouvertes ? Le café français, une institution, face à la mairie de Bordeaux a fait du château Coursou son ordinaire. Et pour cause, cet ordinaire là est plutôt extraordinaire pour son prix : autour de 4 € prix public départ. Et oui, les vigneron (ne)s sérieu(ses)x qui font du vin à la portée de tous, juste pour qu’on le boive,  et qui ne se prennent pas pour des stars, cela existe encore.

Château Coursou
Hélène Dupas
Bordeaux et Bordeaux supérieur, rouge, rosé, blanc
33890-Pessac-sur-Dordogne

Tél. 05 57 47 40 27
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