Champagne : Les limites de la concentration

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Cela ne date pas d’hier ! le secteur du champagne est ultra-concentré. Dix groupes réalisent 80 % des ventes de champagne. Au sommet, LVMH (Moët, Ruinart, Dom Pérignon, Mercier….) domine largement le secteur avec un chiffre d’affaires estimé à plus de 1,5 milliard d’€, suivi par Vranken-Pommery, Lanson, Laurent Perrier… Jusqu’à ces dernières années, les marques qui ont le plus gagné sont celles qui se sont positionnées sur le haut de gamme et le luxe répondant aux besoins de clientèles internationales parvenues à la prospérité.

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Mais ne possédant que 10% du vignoble, elles sont devenues d’autant plus dépendantes des “récoltants-manipulants” et coopérateurs que la consommation s’est envolée comme le prix au kg de raisin. D’où la question obsédante : comment pérenniser l’approvisionnement en raisins ? Tout y passe. Il y a des beaux cadeaux aux vignerons qui acceptent de céder leurs raisins mais également des accords de réservation pluriannuels passés entre négoce et vignerons. Mais ils sont rarement respectés. Le contrat interprofessionnel qui organise l’achat du raisin, (plus de 5,80€ le kg en 2008) vient d’être renouvelé pour six ans.

Chaque été lors des négociations qui fixent le rendement de la vendange à venir, les marques tentent d’obtenir le maximum de déblocage, c’est-à-dire de surplus autorisé par rapport à la limite maximum. L’objectif initial consistait à créer du stock en prévision de futures mauvaises vendanges. Ainsi en 2007, en plus des 12 400 kg/ ha, 1600 kg de raisins supplémentaires avaient été autorisés. En 2008, ce fut 600 kg. En temps de crise, c’est beaucoup trop pour certains qui y voient le poids que LVMH fait peser sur le système. Car s’il y a bras de fer d’un côté entre producteurs et négoce, bien des vignerons ont du mal à résister aux sirènes du déblocage. «Quand une sirène chante et qu’elle vous met un tel marché en main, beaucoup succombent» confesse un producteur. Et de poursuivre : «LVMH ne s’y prendrait pas autrement s’il voulait sciemment casser la concurrence car il y a déjà 180 millions de bouteilles en stocks. Et il est probable que certains ne s’en sortiront pas en 2009.» Ambiance.

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