Cédric Saur, vigneron à Faugères

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Les décennies 80 et 90 furent pour le Languedoc, une période de remise en cause, parfois douloureuse. L’adieu à la “piquette” se solda par un arrachage massif de près de 100 000 hectares.

Du passé faisons table rase ! les vieux cépages carignan disparaissaient au profit de cépages améliorés syrah et cabernet. Les méthodes de vendange et de vinification étaient revues pour acquérir, sinon un potentiel de garde, du moins des arômes séduisants pour le plus grand nombre.

Aujourd’hui, par un retour de balancier, certains jeunes innovent en repartant vers l’ancien, mais sans avoir oublié les leçons de la décennie 80 orientée vers la qualité. Pas question de faire pisser la vigne à nouveau.  Cédric Saur est de ceux-là, le genre à travailler à rebrousse-poil des modes.
Ce fils et petit-fils de vignerons exploite avec son père et son épouse, Séverine, le Château Haut-Fabrègues à Cabrerolles. Un beau domaine de 60 hectares qui produit un faugères honorable mais standardisé au goût du jour.
Ce patrimoine familial a permis à Cédric de reprendre un vieux vignoble, la Grange d’Aïn, et de faire ce qu’il avait en tête. La Grange d’Aïn, c’est une dizaine d’hectares où il travaille des vieilles vignes, du carignan, grenache et syrah. Des pieds parfois âgés de 50 ans. Le tout élevé en bio sans aucun désherbant et vendangé à la main. Avec des ceps âgés, le production est minimum mais quelle surprise dans le palais !
Cédric et Séverine en sortent deux cuvées, le Cèdre et le Penchant du Cerisier. Sa cuvée du Cèdre est à 80% en grenache et à 20% en carignan. «On a inversé les proportions du faugères, qui était auparavant constitué à 80 % de carignan et de fait souvent rapeux.. » explique Cédric Saur.

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Ses deux vins ont la couleur de l’encre  et leur texture épaisse révèle sans surprise une forte charpente dépassant les 14°… Avec ceux-là, prévoyez du solide genre truffade ou cassoulet par exemple. A l’arrivée au bistrot, la cuvée du Cèdre, tape dans les 25 €. Chère pour un faugères direz-vous sauf qu’il soutient la comparaison avec bien des bons Bordeaux. Dans les bistros, Cédric sait trouver les mots pour l’emporter auprès des patrons rétifs. «Pour nous dans ce mouvement mondial du vin qui nous dépasse, l’autre condition de réussite est d’aller sur le terrain voir le client afin de lui expliquer notre démarche. » poursuit Cédric, jamais à court d’idée et d’énergie pour faire connaître sa Grange d’Aïn. Aujourd’hui, Cédric travaille sur un vin nature sans souffre. « Val Paresse » porte mal son nom quand on jauge sa puissance en bouche…

Où le boire à Paris ? Au Sully, et au Tire-Bouchon
CHATEAU HAUT FABREGUES 
34480 CABREROLLES
Tel. : 04 67 90 28 67

Retour sur l’appellation 

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