Jean-Noël Bousquet, un cow-boy à Corbières.

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Une trogne burinée par le soleil languedocien, une voix rauque et aussi sèche que l’Orbieu* en août, Jean-Noël Bousquet pourrait endosser facilement le rôle du cow-boy au cuir tanné sillonnant son ranch. En guise de ranch, le bonhomme s’est bâti un domaine de 120 ha qui en fait un des poids lourds de l’appellation corbières. Son parcours de self-made-man sort de l’ordinaire dans ce pays de coopérateurs et d’hommes d’affaires ayant réussi sous d’autres latitudes et qui viennent ici s’offrir un domaine, attirés par les faibles prix du foncier.

A Lézignan-Corbières, Jean-Noël Bousquet, enfant du pays, a acheté son premier hectare de vignes à l’âge de 17 ans. Il a incarné les promesses du renouveau du vignoble languedocien, cette « Nouvelle Frontière » française vitivinicole que l’on célébrait avec emphase dans les années 80 en arrachant l’aramon. On s’appuyait sur les exemples du Nouveau Monde pour promettre des lendemains radieux aux viticulteurs locaux …
Cette promesse, Jean-Noël Bousquet l’a tenue pour lui. En 1973, il cultive 8 ha en fermage en coopérateur. En 1988, il achète le Château Grand Moulin et se retrouve à la tête d’une cinquantaine d’hectares.

«Nous sommes de la génération qui a replanté les vignes sur les coteaux et mis de l’amour dans notre métier » dit ce vigneron qui n’a cessé d’acquérir, d’arracher et de planter notamment cette syrah si chère à son cœur. Il en possède aujourd’hui 50 ha. Il ne cesse de dénicher des coteaux enfouis au cœur de la garrigue. Quant au réchauffement climatique et au stress hydrique très préoccupant en Languedoc, il explique y faire face en opérant de gros apports en compost qui permettent, selon lui, de reconstituer les réserves.

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