Jacques Boscary, le « bon père de famille » du château Rouquette-sur-Mer

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boscary_jacJacques Boscary  prend un plaisir évident à faire découvrir son Château Rouquette-sur-Mer  en plein massif de la Clape. On peut le comprendre. En cinquante ans, il a fait de son vignoble établi sur la mythique Clape un des plus beaux de l’Hexagone, rachetant les parcelles voisines, replantant sans cesse pieds de vignes mais également cyprès et pins parasols.

Contrairement à ces grands domaines médocains où l’arbre semble parfois une incongruité, ici la vigne est insérée dans la garrigue. Les parcelles ressemblent à des petites clairières dans la pinède. On n’est donc guère étonné que du si beau donne du si bon tant il est vrai que les vins du Château Rouquette sont tantôt enjôleurs tantôt envoûtants. Le fait est qu’ils cumulent les récompenses depuis des années. Pas moins de 21 médailles d’or ou d’argent sur les huit premiers mois de 2011 (Paris, Bruxelles, Mâcon, Canada). Qui dit mieux ?

Rouquette-sur-Mer c’est un domaine de  420 ha dont 50 ha de vignes en plein massif de la Clape, l’appellation est appelée à devenir un des grands Crus du Languedoc. Trois types de terroirs se succèdent, plateaux de terres rouges argilo-calcaires, sols calcaires concassés et marnes. Les parcelles sont plantées en syrah, grenache, carignan ou mourvèdre pour les rouges. En roussane et bourboulenc pour les blancs. Bien sûr, il y a des rangs de syrah et de mourvèdre qui descendent en pente douce vers la mer. L’endroit a-t-il inspiré Charles Trenet quand il composé la Mer et ses reflets d’argent ? Ce qui est sûr en revanche c’est que Jacques Boscary a appliqué à la lettre le dicton des vignerons de Bandol, où le mourvèdre est le cépage roi. «Pour que le mourvèdre soit heureux, il fait qu’il regarde vers la mer. » On a bien compris que c’est la mer toute proche et la garrigue omniprésente qui marquent les vins de Rouquette. Autant que le travail du vigneron…

boscary_chateo

boscary_bouteilleSes vignes, Jacques Boscary les traite comme le « bon père de famille » du Code Civil. Il est  opposé à tous les excès comme « l’honnête homme » des Lumières, siècle où son savoir-vivre n’aurait pas déparé. «L’équilibre c’est la règle de la nature, c’est ce qu’on doit aussi rechercher avec une vigne. Un vignoble c’est une famille. Il y a les petits-enfants, les adolescents, les adultes et les anciens. Il faut traiter chacun selon son âge et sa capacité.» Bref, s’il n’est pas le genre à faire « pisser » la vigne, il n’est pas non plus favorable pour la contenir à l’excès en pratiquant la vendange verte à outrance. Il goûte peu cette viticulture qui entend traiter les vignes comme les pieds des petites chinoises dans la Chine impériale. On comprend sa réserve pour l’emploi des « phytos ». Mais il est hostile au bio. «Une tromperie sans nom tant qu’il n’y aura pas de règles pour la vinification en cave. L’important, c’est d’être réactif. Il faut intervenir le plus vite possible uniquement sur la partie atteinte avec le minimum de produit. Ce n’est pas le marchand de produits qui doit prescrire les doses.» Pour un peu, il en parlerait presque comme les médecins de Molière !

En savoir plus :
www.chateaurouquette.com/

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