BISTROS A VIN
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Le saint-joseph du paysan ardéchois

Voilà un saint-joseph de paysan ardéchois qui ne passe pas inaperçu. Un vin essentiel au sens étymologique qui risque de surprendre bien des palais habitués aux rondeurs fruitées. Un vin un peu rude car pas éraflé au contraire de bien d’autres. Le boire, c’est un peu comme communier avec la terre.

Dans cette vallée du Rhône septentrionale où les crus des côtes-du-rhône appartiennent à des grands négociants où à des familles installées de longue date (Guigual, Chapoutier...), le saint-joseph de Bergeron et associés détonne.

Quand on connaît son histoire, on comprend mieux. Fabien Bergeron est un paysan ardéchois n’ayant pour toute richesse que ses bras et son habileté. Avec son associé, ils ont créé une société de prestations en viticulture baptisée La Tâche. Car ici, entre hermitage, cornas, saint-peray les coteaux sont les plus abrupts de France. Il faut bien trouver des bras experts et des mollets vaillants pour travailler les vignes.

Fabien Bergeron a commencé à louer un hectare isolés au milieu des bois orienté plein sud de vieilles vignes âgées parfois de 80 ans. Elles n’ont jamais connu le contact de la moindre molécule de désherbant chimique. Elles savent se défendre contre le stress hydrique et les maladies ... Résultat, ici tout est naturel. «Ca m’embête d’avoir à payer une certification bio pour le faire savoir. » confie Fabien Bergeron. A force, de travail ils ont pu obtenir des droits à planter sur l’aire Saint-Joseph pour deux autres hectares.

 


L’année 2008 ne les a pas gâtés. Mildiou et trombes d’eau épouvantables en septembre ont entraîné un effondrement de terrain et la perte d’une cinquantaine de pieds. Il a fallu enlever un maximum de feuilles pour mettre les grappes au soleil avant la vendange. La production devrait baisser de 30% et le travail dans le caveau de Tournon risque de ne pas être simple. Les dernières cuvées ont connu des fermentations sans problèmes dans les grandes cuves de bois. « En 2008, on risque de devoir faire des pieds de cuves.» La rançon à payer à la nature pour un vin naturel qui vaut le détour.

 

Au final, dix mille bouteilles en deux cuvées. Cuvée Guillamy et cuvée Badel. 15 € prix départ cave. Caveau en centre ville de Tournon-sur-Rhône
Tél : 04 75 07 79 06