Benoît Badoz, le hussard de Poligny

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Les vins de Benoît Badoz, jeune vigneron de Poligny, cumulent médailles et distinctions. Et il est un des fer de lance du renouveau du vignoble jurassien. Mais s’il bouscule la tradition, ce n’est pas par défi au paternel. Au contraire, il tient du caractère de son père, Bernard , qui lui a laissé les rênes en 2003. Ce dernier était également un homme de rupture. Il est à l’origine de ce rendez-vous désormais incontournable du Jura, la Percée du Vin Jaune qui rassemble chaque année 50 000 personnes et dont l’édition de février 2010 est attendue à Poligny.

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Gentille provocation ? La cuvée emblématique de la maison Badoz s’appelle Arrogance. C’est celle qui a créé la “percée” de Benoît, aidé par son père. Un chardonnay très élégant dégageant des arômes de fleurs blanches et une bouche longue et superbe. Oh joie bachique !

badoz_victoriaCar évidemment ce côté franc-tireur des Badoz s’exprime pleinement dans leur travail sur le style et la finesse des vins. Ce que confirme le père «Quand je faisais les vins jaunes, je recherchais d’abord la finesse plutôt que de la puissance». Mais avant la vinification, il y a la terre. Ainsi, les Badoz n’ont eu de cesse de soigner leurs vignobles exposés sud-ouest, en amont de Poligny. Déjà le grand-père Pierre avait restructuré son terroir des Roussots. Dans les années 70, Bernard a poursuivi l’œuvre engagée en replantant avec beaucoup de discernement, de façon à avoir, à chaque fois, le cépage le plus adapté au sol. Trousseau dans les marnes rouges, poulsard et chardonnay dans les marnes bleues. Pas de biodynamie, mais un enherbement un rang sur deux et le recours à des engrais organiques.

Le fils a donc repris le flambeau après un BTS Viticole à Baune. Son maître de stage était le maître de chai de Pétrus. Ce qui n’a pas manqué de l’influencer. Et il a fait des détours par la Californie et l’Australie. Autant d’expériences et de savoir-faire nouveaux qui l’ont conduit à explorer de nouvelles voies, et à songer à la qualité du raisin d’un bout à l’autre du cycle. C’est dans cet esprit qu’il a modifié sa façon de vinifier lui, 10e génération des Badoz. Ainsi a-t-il délaissé les barriques pour l’inox. Son Arrogance, a été suivie d’une cuvée Dédicace, un vin tannique tiré d’un pinot. Aujourd’hui , c’est Victoria qui rafle les suffrages. Une bouteille facturée 9,90€ de pur savagnin, vinifiée en cuve inox. Très frais idéal en apéro, tellement bien travaillé qu’on imaginerait presque un chablis. Mais qu’on se rassure ce Jurassien-là n’a pas fini de nous surprendre !

http://www.badoz.fr/

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