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BISTROS A VIN
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Beaujolais 2011, grand millésime mais Paris continue de bouder...
Evidemment on ne va pas nous dire que le Beaujolais Nouveau 2011, qui fête ses 60 ans, risque d'être inégal… De fait, mis à part un mois de juillet un peu pluvieux, les conditions climatiques ont été plutôt favorables avec un fort ensoleillement dès le printemps. Du coup, les grains de gamays sains sont parvenus à maturité très tôt. Les vendanges 2011, débutées le 24 août, figurent parmi les plus précoces de l'histoire du Beaujolais. «C'est un beaujolais typique cette année, entre fruits noirs et fruits rouges» déclare Dominique Capart, président d'Inter Beaujolais. Sur place, on met en avant une acidité plutôt basse (inférieure à 2009 et à 2010) qui a permis d'obtenir des vins souples bien que concentrés.

Le président de l'interprofession est plutôt content. Même si les cours du nouveau ont un peu baissé, (163 €/hl pour le beaujolais, 172€/hl pour le village), sa grande satisfaction c'est que tout a été vendu, en tout cas pour ce qui est du vrac (240 000 hl). Pour les viticulteurs et les coopératives, cela signifie de la trésorerie et non des stocks. Le volume commercialisé ne semble pas s'être réduit en 2011. Sur une vendange en beaujolais de 830 000 hl, le primeur devrait représenter, toujours selon Dominique Capart, un volume de 260 à 280 000 hl.
Autre motif de satisfaction, la "famille beaujolais" semble s'être réconciliée sous l'effet des campagnes de com visant le haut de gamme et des efforts sur la qualité y compris pour les génériques. Les volontés des crus de jouer la distanciation face au nouveau à la mauvaise image (voir il y a trois ans) semble appartenir au passé.
Pour fêter ses 60 ans le beaujolais nouveau frôle le luxe avec une campagne bâtie autour de la haute couture. «Cette référence à la haute-couture vise à souligner l'image artisanale et un savoir-faire unique car le beaujolais nouveau demeure l'un des vins les plus difficiles à réaliser», explique-t-on chez Inter Beaujolais, lorsqu'on avoue sa perplexité devant cette association un peu contre nature entre ce vin populaire et le monde du luxe.
Difficile de ne pas voir dans cette campagne la patte de petit marquis de la com habitués à la pétillance de bulles de champagne plutôt qu'aux grosses gouttes rouges qui parsemaient avec bonheur les chemises de Bérurier sur les dessins de Dubout ! Oublions la "com", ce qui compte c'est qu'on nous sorte un vin gouleyant et joyeux comme un écolier le dernier jour des classes. Un vin qui rapproche les hommes et fasse oublier le temps d'une gorgée les difficultés du temps.
Et le millésime 2011, aussi rond que fruité le devrait, mais hélas, le beaujoalais nouveau paye encore ses fautes passées. Ainsi, à vous les chiffres de France Boissons, le déclin du nouveau se poursuit à Paris.
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