Interview Georges Duboeuf

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 » il n’y a rien à craindre sur la durée de conservation…”

 

Il devrait commercialiser cette année entre 5 et 6 millions de bouteilles de beaujolais nouveau. C’est le premier négociant du beaujolais, installé depuis 1964 à Romanèches-Thorins.

Le beaujolais nouveau est-il toujours aussi utile ?
S’il n’y avait pas le beaujolais nouveau, on n’en serait pas là. où on en est. 300 000 hl sur une production globale de 900 000 hl (Beaujolais, Beaujolais Villages et crus), ce n’est quand même pas mal.
Et si ce n’est plus l’euphorie de la grande époque, on l’exporte quand même dans plus de 100 pays. Pour notre groupe, le beaujolais nouveau a ouvert les portes des marchés américains et japonais pour les villages et les crus.

Que pensez vous des pistes de réformes des appellations beaujolaises ?
Rien n’est encore fixé, ce ne sont que des pistes de réflexions. Car rien n’est simple en Beaujolais, avec les trois familles (les crus, les villages et les génériques). Les crus pensent qu’ils n’ont pas de problèmes et qu’il n’est pas nécessaire de modifier leurs façons de travailler. J’espère pourtant qu’il y aura une prise de conscience générale pour que l’on parvienne à régler le problème de l’adaptation de l’offre et de la demande, en gardant toujours à l’esprit que c’est le consommateur qui décide.

Georges Duboeuf, sponsor du Marathon des Leveurs de Coudes 2007

Georges Duboeuf, sponsor du Marathon des Leveurs de Coudes 2007

En Beaujolais, la technique de la macération préfermentaire à chaud (MPC) semble se généraliser, n’est-ce pas un effet de mode qui pourrait ne pas durer ?
Pouvoir maintenir le chaud et le froid a été un grand progrès. On ne peut extraire du raisin que ce qu’il y dedans . Cela dépend de la maîtrise de chacun. Ceux qui pratiquent la MPC le font parfois si bien qu’on ne peut le deviner. En tout cas, à ceux qui disent que le beaujolais nouveau développe des arômes de cassis du fait du recours à la MPC n’auront qu’à goûter la cuvée 2007 pour se persuader du contraire.

Et que dire à propos du Beaujolais 2007 ?
Cette année, les vignerons ont bien travaillé leurs vignes. C’est la première fois de ma carrière où l’on a vendangé sur trois semaines. Les vignerons ont su attendre que leurs vignes aient une belle maturité et le mois de septembre a été ensoleillé avec un vent du nord qui a concentré les arômes. Des conditions idéales.

Et les bistros de Paris jouent-ils toujours le jeu ?
On arrive à les convaincre mais le problème est que l’effet beaujolais ne dure plus trois semaines mais dix jours…Et pourtant, il n’y a rien à craindre sur la durée de conservation. J’ai fait ainsi goûter récemment à des journalistes spécialisés des bouteilles de primeur 2003, 2004 et 2005, qui étaient sublimes.

Bon à savoir :

Adios banana, bonjour fruits rouges !
Voilà longtemps que le beaujolais nouveau n’a plus le goût de banane. Aujourd’hui, les primeurs mais pas seulement, sont plutôt travaillés pour tirer vers le fruit rouge, et spécifiquement le cassis. La généralisation de la macération préfermentaire à chaud (MPC) est à l’origine de cette tendance. Remplies de leurs grappes, les cuves sont alors fermées. La vendange est alors chauffée à 70°, on laisse macérer 12 h à chaud et on refroidit à 25° durant 4 jours durant lesquels on procède à l’ajout des levures. La MPC ne s’utilise pas simplement pour les primeurs, elles tend à se généraliser à d’autres Beaujolais. Reste qu’elle n’a pas que des partisans. Certains lui reprochent de modifier la typicité du terroir, d’autres de retirer au vin, ce qui fait du bien à la santé, c’est-à-dire ses polyphénols.

 

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