Gorges Duboeuf, Portrait et interview

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beaujo13_duboeuf_larmeIl regarde le vin tourner dans son verre comme un compositeur écoute inlassablement un accord. Chaque fin d’été, le « maestro » du Beaujolais se remet à son travail de composition.
Dans son labo rempli d’échantillons Georges Duboeuf et son équipe composent des partitions qu’il doit livrer impérativement pour le 3ème jeudi de novembre. Ses notes de musique, ce sont ces cuvées apportées par 400 vignerons fidèles qu’il assemble après des milliers de dégustation.
En octobre, Georges Dubœuf déguste chaque jour jusqu’à 200 échantillons. Seule exigence, le vin doit être à 18°. Au final, il produira une bouteille sur quatre de beaujolais nouveau.

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Quelles sont vos premières impressions du beaujolais nouveau 2013 ?
Un millésime c’est le reflet du temps. En 2013, nous avons connu un printemps pluvieux qui a donné une mauvaise floraison. Heureusement, il a fait très beau en juillet, en août et les dix premiers jours de septembre. Même si les grains sont petits, ils ont une bonne maturité qui me rappelle celle de 2009.
Dans les cuvées que j’ai déjà testées, nous avons une très belle couleur rouge rubis profond. Elles ont des senteurs très riches avec des arômes de fruits rouges pronomcées comme la fraise et framboise et un peu de cassis. Le vin qui tourne dans le verre laisse de jolies larmes, ce qui veut dire qu’il a beaucoup de glycérol. Et ça, c’est très bon.

Comment faites-vous pour travailler avec autant de viticulteurs ?
Je travaille avec 400 vignerons dont certains ont plusieurs cuvées. Je les connais tous depuis des années parfois je travaille avec les fils. Mon métier, c’est une passion et une mémoire. C’est essayer de faire un beaujolais proche des goûts des clients que nous connaissons.

Le beaujolais nouveau continue d’être un succès notamment au Japon où vous exportez plus d’un million de bouteilles. En revanche les crus du beaujolais ne semblent pas percer ?
C’est vrai nos ventes de crus ne sont pas à la hauteur de nos espoirs. J’ai envoyé mon petit-fils, pour faire la promotion des crus du Beaujolais. Nous travaillons aussi avec le chef Hiramatsu qui s’occupe des brasseries Bocuse au Japon et qui propose ces vins.

Propos recueillis le 10 octobre 2013 par Miki Iida et Laurent Bromberger

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