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Saint-Pourçain, premier vin auvergnat à décrocher l'AOC (juin 2009)

Fin mai 2009, l’Inao a attribué l’AOC à  Saint-Pourçain. C’est le premier vin auvergnat à l'obtenir. C’est une belle reconnaissance de la vocation vigneronne de l’Auvergne qui était avant la première guerre mondiale recouverte de vignes.

On comprend donc qu’il ne soit pas peu fier, Jean Michel Ferrier, président du syndicat des viticulteurs de Saint-Pourçain (une coopérative de 90 adhérents et une quinzaine de caves). «C'est une vraie reconnaissance, ça comptait énormément pour nous, on se battait depuis 1982. Le cahier des charges de l’AOC était mis en place depuis des années. »

Mais la question qui taraude les comptoirs est bien de savoir désormais si dotée de  son AOC, ce joli vin de soif qu’est le saint-Pourçain ne sera pas tenté de se hausser du col et d’augmenter son prix ?  «On a tout intérêt à garder l’aspect convivial de notre vin. Sur les prix, on compte bien rester attractifs avec des prix d’entrée de gamme de 4€. » assure Jean Michel Ferrier
D’autant que la crise est bien là, et ces dernières années, le Saint-Pourcain n’a pas été épargné par le reflux de la consommation. Pas question de tuer la poule aux œufs d’or parisienne qui représente 30 % des ventes. Car la Ficelle, l’entrée de gamme de la coop de Saint-Pourcain fait un malheur dans les bistros mariant fruité gamay et petit prix. (En savoir plus sur le Saint-Pourçain)

En revanche on a du mal à suivre Jean Michel Ferrier quand il avance que l’AOC va l’aider à trouver des voies à l’export. Un vœux pieux compte tenu du marasme actuel. Heureusement, il y a le marché local. «En matière de vin nul n’est prophète en son pays et sur ce point on n’a pas été soutenu par le marché local.» Ainsi l’AOC viendra opportunément l’aider à faire vibrer la corde du chauvinisme auvergnat comme les vignerons Aveyronnais l’ont fait avec le Marcillac en plein essor.

Ci-contre des vignerons de Saint-Pourçain au Petit Acacia (Paris 17).

 

 



 

 



   

L'AOC, un miroir aux alouettes pour les petits vignobles ?

On ne va pas doucher la joie des vignerons de Saint-Pourçain, mais force est de constater que bien des petites AOC souffrent. Dans ces cas-là, l’AOC apparaît alors comme un miroir aux alouettes. Les valeurs d'authenticité et de qualité qui s'attachent à l'AOC ne génèrent pas un surcroît de notoriété se traduisant par des ventes en hausses. C'est vrai pour des petites AOC comme les Côtes du Vivarais ou les Coteaux du Tricastin. Mais c’est aussi vrai pour des AOC plus anciennes. Exemple à Gaillac, où bien des vignerons s'estiment en faible nombre dans l’appellation pour attaquer des marchés à l’export.
Sans oublier que l'AOC génère des surcoûts en termes de contrôle et d'agréments bien plus importants que pour les vins de Pays. Et de fait avec la réforme en cours, cela ne risque pas de s’arranger.

 

Lire également le reportage sur un autre vin Auvergnat. Le Chateaugay.