Alsace championne bio, Champagne championne des traitements…

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Alsace championne bio, Champagne championne des traitements…

Agreste, le service d’études et de statistiques du Ministère de l’Agriculture a rendu public en mars 2009 les résultats d’une enquête sur les pratiques culturales en viticulture. Des résultats après des enquêtes diligentées en 2006 auprès de toutes les régions viticoles de France. A lire entre les chiffres, c’est une mine d’informations sur le vin en France.

cepage_camembertOuf ! Que les angoissés par le péril de l’uniformité se rassurent, cette enquête montre s’il en était besoin que la viticulture française demeure diverse et variée dans ses façons de faire, de planter et de travailler la vigne. Merlot, chardonnay et ugni n’ont pas encore colonisé toute la terre.
Ce que le bon sens nous murmure souvent est confirmé ici. Les vignobles qui recherchent le plus de rendement et ceux qui sont plus au nord ont la main plus lourde que d’autres sur les « phytos »… Seulement voilà, l’Alsace et la Champagne quasiment située aux mêmes latitudes se comportent différemment.
enherbement graphiqueL’Alsace se distingue du lot par sa propension à s’orienter vers le bio. 6% de ses parcelles obéissent à un cahier des charges bio. On note aussi pas mal de fumures organiques et un enherbement permanent à 85% des cas. Une pratique qui réduit indirectement le recours aux pesticides et autres fongicides notamment pour lutter contre le Botrytis, ce champignon qui se développe avec l’humidité. Quand l’herbe concurrence la vigne, il se développe moins sur cette dernière.
traitement_vigneInversement, au fil des tableaux, il ressort que c’est en Champagne qu’on a décidément la main la plus lourde sur tous les produits. Toujours à la recherche du rendement maximal – rendement 90 hl/ha- la Champagne est notamment championne de la fumure minérale à base d’azote, de phosphore et le potasse avec plus de 80 % des surfaces traitées. Soit le double de la moyenne. Et ce à des doses elles aussi deux fois plus élevées que la moyenne des vignobles français. Mais c’est surtout sur les traitements que les Champenois se distinguent.

66 % des surfaces champenoises sont traitées en désherbage chimique exclusif. C’est un peu moins que le beaujolais où c’est 70% mais beaucoup plus que l’Alsace (9%) ou que les vignes de la PACA, (3%) où certes l’eau manque souvent parfois cruellement. Quant à la vendange verte, elle est quasiment inexistante en Champagne alors qu’elle touche 36% des vignes alsaciennes. Heureusement que la vendange est 100% manuelle
Quant aux fongicides, si quasiment toutes les régions viticoles de France y ont recours, la Champagne se distingue là encore par le nombre moyen de passages, 11 contre 7 pour les vignes françaises.
Agreste – Enquête Pratiques culturales 2006, volet viticulture

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