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BISTROS A VIN
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Philippe Nusswitz, « tracteur » alsacien des vins cévenols
Contrairement à Stevenson qui, juché sur un âne, traversa les Cévennes, Philippe Nusswitz, tête de mule alsacienne, s’y est, lui, arrêté définitivement en 2002. Il a jeté son dévolu sur un mas à quelques km de Saint-Hippolyte du Fort après avoir longuement roulé sa bosse dans l’univers bachique. Ce meilleur sommelier de France en 1986 - il était âgé alors de 23 ans- a fait des détours par le Canada et des restaurants à New-York. Au fil des ans, il s’est fait une vision très précise des vins qu’il voulait faire.

Ses créations Orenia et surtout l’envoûtant Miratus lui ont permis de prouver que le piémont des Cévennes était un vignoble qui n’avait rien à envier à d’autres tels que Pic-Saint-Loup pour permettre au grenache et à la syrah de donner le meilleur d'eux-mêmes. La grande amplitude thermique du piémont cévenol permet de concevoir des vins d’une grande fraîcheur et d’une belle élégance à condition de miser sur les bonnes parcelles. A des altitudes de 170 à 250 m, ses vignes totalement indemnes de phyto supportent l'alternance du mistral et de la tramontane qui les sèchent et leur épargnent les déboires liés à l'humidité.
Philippe Nusswitz s’emploie à mettre les bouchées doubles pour donner une réputation à ces vins des Cévennes qui jusqu’à là n’en n’avaient pas. L'homme a le talent pour dénicher les parcelles les plus prometteuses, celles qui vont lui permettre de décliner des notes aromatiques recherchées et des assemblages d’une complexité charmeuse.
Ainsi, si son vignoble de 8 ha est plutôt une mosaïque de parcelles, il achète aussi 80% de ses raisins aux vignerons de la coopérative de Durfort. Quand les raisins sont en cuve, il n’hésite pas à fouler lui-même les moûts dans sa cuve. Le succès aidant, il assiste les vignerons de Durfort comme consultant notamment sur la définition et la conception de belles cuvées. Des vins friands et de plus en plus natures. Déjà 10% des vignerons sont en bio sur place.
Si la qualité c’est une chose, le prix compte beaucoup dans la construction d’une réputation explique inlassablement l’Alsacien aux vignerons locaux. Sur l’export et la commercialisation, il en connaît un rayon, avec 70 000 bouteilles vendues chaque année. Pas question de tomber dans les errements passés en bradant un bon travail. «Je leur déconseille de vendre la bouteille en dessous de 3,50€ . C’est une révolution culturelle pour beaucoup. Mais ils sont les premiers étonnés de voir que l’augmentation des prix ne fait pas baisser les ventes. » Quand les vracs destinés au Pays d’Oc partent à 75 €/hl, ceux des vins de pays Uzès s’étagent de 150 à 200 € /hl. Reste qeu les débats entre vins de pays du Gard, ceux d’Uzès, et ceux des Cévennes, Philippe Nusswitz avoue parfois sa lassitude devant les querelles de prés carrés…
Une chose est sûre, il attend beaucoup de la reconnaissance future d’une AOP Duché d’Uzès qui pourrait intervenir en 2012 et doper les ventes en surfant sur une identité jugée plus valorisante.
Domaine Pascale et Philippe Nusswitz - Route de Canaules - 30170 Durfort
http://www.orenia.fr/
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