2007, année à mildiou, quelles conséquences ?

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Qui, cette année, n’a pas entendu parler du mildiou, ce redoutable champignon, vrai cauchemar du vigneron, mais aussi des jardiniers quand il s’attaque aux tomates et aux pommes de terre. Le mildiou de la vigne, de l’anglais meal dew, « rosée de farine » est un champignon microscopique de la variété plasmopara viticola, qui se cache durant l’hiver dans les résidus de feuilles tombés à terre et se réveille au printemps lorsque la température dépasse 18°c. et que l’humidité est conséquente. Les feuilles se couvrent de tâche blanchâtres puis le mal attaque les grappes en pleine croissance. Si rien n’est fait, les grains se dessèchent et la récolte peut être anéantie en quelques jours. C’est le  chimiste bordelais Ulysse Gayon, qui trouva le remède en 1880, : une solution de sulfate de cuivre à 20 % et de chaux inerte baptisée « bouillie bordelaise » que l’on asperge sur la vigne.

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Durant des années, la bouillie bleue suffit au bonheur des vignerons mais comme l’angoisse de perdre sa récolte est toujours la plus forte, ceux-ci furent tentés par des produits chimiques complexes, mais aussi beaucoup plus toxiques que la bouillie bordelaise. Produits pénétrant le tissu végétal comme une crème ou produits systémiques véhiculés par la sève, ces substances chimiques doivent être employées avec précaution et un délai d’au moins 28 jours doit généralement être respecté entre le dernier traitement et la récolte.

Cette année, les attaques de mildiou ont été particulièrement virulentes. Notamment dans le Sud-Ouest. En juillet, les services de la protection des végétaux de Bordeaux signalaient ne pas se souvenir d’avoir vu de telles attaques, tout en recommandant de ne pas « pulvériser tous azimuts et en surdosage. C’est inutile et dommageable à l’efficacité des produits pour les prochaines années » précisaient-ils.

Le problème c’est qu’il n’existe absolument aucun contrôle de surdosage et que l’on n’a jamais vu un vigneron être empêché de commercialiser sa récolte pour cause de chimie excessive. Il est donc à craindre que 2007 soit un millésime particulièrement chimique partout où le mildiou a été menaçant. Seule certitude : les viticulteurs bios sérieux qui se sont contentés de bouillie bordelaise n’ont employé aucun produit nocif pour la santé, mais ils ont perdu de 30 à 40 % de leur récolte. Un choix certes douloureux, mais qui garantit aussi une bonne qualité puisque là où les grappes ont été décimées, les raisins survivants étaient plus concentrés. Reste le problème du cuivre qui, à la longue, finit par être dommageable aux sols. La bouillie bordelaise a donc aussi des inconvénients mais au moins elle est inoffensive pour la santé. C’est au moins ça.

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