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BISTROS ET
BARS A VIN
>> Le Beaujolais 2007
Un vignoble en crise ?
Avec leurs allures de jolis seins roussis par les teintes de l’automne, ils sont d’une sensualité paradisiaque ces monts du beaujolais. A convertir des mollahs en épicuriens. Et pourtant derrière l’enchantement de cette fin d’octobre 2007 certains détails clochent . Ici et là, des parcelles n’ont pas été vendangées, d’autres semblent à l’abandon...
On se renseigne, «ils ont dû dépasser leurs quotas» dit l’un. «Le Beaujolais, ça ne fait plus vivre, beaucoup laissent leurs parcelles à l’abandon.»dit l'autre …« Passe encore pour ceux qui ont leurs exploitations depuis longtemps, mais alors pour les jeunes qui se sont installés, c’est devenu impossible d’en vivre, explique-t-on à la Maison des Vignerons de Chiroubles. Il faut un conjoint qui travaille à l’extérieur. » Certains par dérogation perçoivent le RMI pour leur permettre de vivre et de continuer de tailler en gobelet leurs pieds de gamay. Le prix de revient de l’hectolitre est de 160 €/hl mais son prix de vente pourrait ne pas dépasser cette année 130 €/hl.
Alors faut-il se résoudre à considérer cet emblème national, ce vin de sans-culotte, condamné, comme l’acier lorrain dans les années 80.
Heureusement, non ! Le Beaujolais a de la ressource et n’a cessé d’évoluer. Il a d’abord été le vin des Lyonnais, célébré pour son primeur, qui fermentait durant son transport sur les barges de la Saône. Mais concurrencé par les côtes du Rhône, durant les Trente Glorieuses, il est devenu le vin des Parisiens avec la fortune que l’on sait dans les années 70 et 80. Vin populaire, rouge comme le sang des prolétaires.
On l’a, alors, fait pisser plus que de raison. Il s’est fait souvent n’importe quoi, chaptalisation, soufrage à des niveaux élevés, levurage aléatoire, apport d’autres vendanges. C’est aujourd’hui que l’addition se paye. Le beaujolais est un vignoble en peau de chagrin. Avec les primes d’arrachage, ce sont 3 000 ha qui vont disparaître d'ici 2008.
Mais les choses changent et de sérieux efforts ont été entrepris. La lutte raisonnée se généralise ainsi que la baisse des rendements passés de 60 à 50 hl/ha. Des efforts sur la qualité et la traçabilité ont été faits comme en témoigne par exemple la coopérative de Quincié, l’une des plus importantes du Beaujolais.
Il y a aussi le parcours des vignerons indépendants attachés à prendre leur destin en main en commercialisant directement leurs bouteilles. Car il y a de très très bonnes choses, des vins non souffrés, encore troubles mais si révélateurs d’un terroir … à mille lieux de certains Beaujolais nouveaux qui n’ont de nouveau que le nom.
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De nouvelles appellations beaujolaises ?
On dit que le primeur est un étendard pour tous les crus du beaujolais. Mais ce coup de zoom d’une journée offert au monde entier éclaire-t-il vraiment sur le beaujolais. Car une fois qu’on a dit, qu’il s’agit d’un gamay, l’appellation n’est pas simple. Bien malin ou connaisseur celui qui saura distinguer avec son seul palais un beaujolais d’un beaujolais village.
Une réforme des appellations est ici aussi en cours visant à concilier le caractère populaire et le caractère de qualité. Elle pourrait déboucher sur des beaujolais 1er cru, des crus du beaujolais, des beaujolais village et des beaujolais gamay AOC. Pas simple, ni vraiment compréhensible pour le consommateur.
Sur place, entre les familles -les crus, les villages, les génériques- et les négociants, on est très loin du consensus. A l’image de la viticulture française, le beaujolais est en proie à ces polémiques internes lorsqu’il s’agit de la réforme. Et comme toujours dans la France du vin, le consommateur n’a pas son mot à dire.
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