Walden, derrière un vin, un projet

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waldenWalden, ce vin ne laisse pas deviner qu’il s’agit d’une part d’un Côtes du Roussillon et d’autre part qu’il symbolise une nouvelle approche pouvant réconcilier goût, éthique et réussite pour le vigneron. Un vin éclatant très loin de la désespérance et du marasme du vignoble du Roussillon.

Un vin dense et soyeux, à la fois jeune et vieux. Jeune puisqu’il faut le boire dans l’année, vieux par l’âge moyen des vignes – un demi-siècle pour les grenache et carignan (30% chacun), un quart de siècle pour les syrah et mourvèdre. D’où des petits rendements et des vendanges manuelles. Le transport au cellier se fait en petites cagettes à dos d’homme puis en camion frigorifique, pour les vignes les plus inaccessibles.

Walden est en fait le nom d’un étang et d’un récit éponyme écrit par le poète américain Henry David Thoreau (1817-1862). Après avoir vécu seul dans les bois sauvages du Massachusetts, dans une cabane proche d’un étang, Thoreau publia «Walden» en 1854, récit de cette expérience. A l’écoute des saisons, des rivières, des animaux, de la terre et des plantes, il explique simplement la joie d’une vie contemplative en harmonie avec la nature et des émotions, simples mais intenses, que celle-ci procure.

Le projet Walden a été initié à par Hervé Bizeul, ancien journaliste, propriétaire d’un bar à vin à Paris mais surtout fondateur du Clos des Fées revenu en 1997 sur ses terres familiales. Il a donc mis sur pied et investi les premiers fonds de Walden, structure collective destinée à aider de petits vignerons motivés à préserver leur patrimoine de vieilles vignes tout en conservant leur indépendance.

Comment ça marche ? La structure achète et vendange le raisin de vieilles parcelles. Elle paye le vigneron un an plus tard -c’est 4 ans avec les coopératives. «Mais nous payons aussi le raisin quatre fois plus cher qu’une coopérative. » explique Claudine Bizeul.
Le 1er millésime 2004 a réuni trois vignerons pour une production de 14 400 bouteilles. Le millésime 2006 a décroché la Médaille d’or au Concours Général Agricole de Paris. En 2008, la production a approché 70 000 bouteilles. Pour autant l’objectif initial de 100 000 bouteilles en 2010 semble remis en cause. La faute à la crise actuelle et au rétrécissement du marché américain, mais aussi à certains partenaires qui ont repris leurs vieilles habitudes de coopérateurs et levé le pied sur la qualité. «Dans le système coopératif, on prend le raisin quel que soit son état. Nous exigeons au contraire un état sanitaire impeccable. Cela implique de travailler sa vigne toute l’année surtout s’il y a des épisodes climatiques un peu forts. Ainsi l’année dernière, pour la première fois nous avons refusé des raisins et nous nous sommes séparés d’un associé. » poursuit Claudine Bizeul.

Ces déboires actuels n’entament pas l’optimisme des promoteurs de Walden. Car la Maison Richard -grand fournisseur des cafés parisiens- le distribue désormais. Avec de la chance, on pourra peut-être le retrouver sur les cartes des bistrots de Pantruche. Seule inquiétude de Claudine Bizeul, celle que certains patrons ne cherchent à se surmarger sur Walden compromettant ainsi le développement du produit. Une crainte que l’on peut comprendre. Elle a déjà retrouvé un bouteille de son Clos des Fées qu’elle avait vendue 20 € à 300 € sur une carte de restaurant..

Le tarif est de 6,40€ TTC pour les particuliers. Mais on peut se grouper pour les commander sur le site.
www.walden.fr

WALDEN
9, rue Pasteur
F-66600 VINGRAU – FRANCE
Tél. + 33 (0) 04 68 29 40 00
info@walden.fr

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