Sweet Bordeaux

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Sweet Bordeaux, reconquérir la jeunesse par la fraîcheur !

Pas facile d’être visible quand on est liquoreux ou moelleux dans le Bordelais, et qu’on représente à peine 2% de la production… Surtout quand il faut casser les vieux codes de sauternes statutaires et faire oublier des déjeuners dominicaux se terminant sur un palais pâteux et une caboche lourde… Est-ce un signe ? Le Château d’Yquem a vu son prix en primeur chuter de 22% entre 2009 et 2010 passant de 540 € à 420 €.

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C’est donc une course contre la montre qui se joue pour les onze appellations bordelaises de moelleux et liquoreux. Et même si on assure avoir gardé les axes de communication traditionnelle, depuis trois ans les 11 appellations ont entrepris une action de reconquête. Elles communiquent sur le concept de Sweet Bordeaux avec tout l’attirail offert par les réseaux sociaux : soirées dans les bars branchés avec des verres pas trop chers et photos des soirées facebookées… Pour 2011, 26 soirées ont déjà été organisées à Bordeaux et à Paris (Mecano Bar, Pavillon du Lac…). Qu’importe les moyens, le fait est que les buveurs sont toujours agréablement surpris par ces vins d’or. Et c’est ce qui compte. Même s’il faut bien reconnaître que ces vins correspondent aux attentes de palais juvéniles formatés par l’agroalimentaire et dominés par l’invasion du sucré. Mais si l’on pousse au-delà de cette seule approche marketing « jeuniste » des Sweet Bordeaux…on se dit que ce n’est pas un mal pour ces palais saturés d’aspartame de découvrir des saveurs sucrées naturelles (à condition bien sûr que les vins ne soient pas chaptalisés…) avec toutes leurs complexités. Il y a parmi ces vins des miracles de fraîcheur découvrant une palette d’arômes incroyables. De quoi vous prendre pour une abeille à la recherche d’acacia, de citron confit, de vanille. Mais tous ces vins sont dans l’ensemble moins capiteux. «Les vinifications sont moins lourdes qu’autrefois, et les vins plus travaillés sur la fraîcheur, il faut décomplexifier les choses, oublier par exemple les subtiles différences entre moelleux et liquoreux » explique-t-on en substance chez les Sweet Bordeaux.

Mais à rendre les choses moins complexes, ne frise-t-on pas l’amalgame entre des grands crus à petit rendement et des vins plus communs conduits à surmaturité ? Comment expliquer le travail d’orfèvre d’une main capable de trier une pourriture noble d’une pourriture grise ? Le Sauternes et ses satellites n’ont donc pas fini leur travail de reconquête. Le mieux est d’oublier les étiquettes et de se fier à son palais. Comme un bon crémant face à un champagne passable, un bon loupiac vaut mieux qu’un sauternes basique. Car sur le marché français, le Sauternes est victime du syndrome du porto. On recherche d’abord le bas de gamme !
Croisons les doigts pour que ces 11 appellations -qui n’ont pas les moyens de Coca ou d’Heineken- parviennent à regagner les faveurs des palais. Sachant aussi que leur salut est peut-être aussi à l’export. Du côté de la Chine ou de l’Inde où ces moelleux et liquoreux peuvent former des mariages idéals avec l’aigre-doux ou l’épicé.

 

www.sweetbordeaux.com

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