Les Editos Bachiques de Jean Lapoujade, scribe de Tradition du Vin

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La Bouteille d’Or sur un charbon ardent

A mes incultes lecteurs qui, dans leur prime jeunesse, n’ont point pratiqué le dictionnaire de l’académie auvergnate, je rappellerais que le terme « bougnat » est un abrégé cantalou de charbougnat qui signifie marchand de charbon dans la langue pâteuse des « gens du centre ».
Nul ne sait qui leur demanda d’arrêter leur char mais cela n’empêcha pas les bougnats d’inscrirent leur métier dans la mythologie de l’histoire des provinciaux à Paris : comme les savoyards étaient ramoneurs, les basques, bedots et les Agenais bricoleurs de calembours, les auvergnats vendaient du charbon.
Hélas, ils tombèrent sur un bec (de gaz bien entendu).
Mais nos bougnats avaient de la suie dans les idées. Mine de rien, ils transformèrent leurs échoppes et le petit coup de jaja, blanc ou rouge que, jadis, ils offraient au client constituait pour cela un merveilleux filon. Ils en firent désormais commerce. Mieux que le charbon, le canon réchauffait les âmes et les cœurs. Pour prolonger le plaisir, les plus astucieux servaient des casses croûtes Poilâne : la terrine remplaçait le terril et le bar à vin était né.
Aujourd’hui le poêle aux houilles a complètement disparu mais cet esprit de convivialité vineuse a perduré. C’est celui que défend, depuis 23 ans, Tradition du Vin, à travers la Bouteille d’Or. Sans renier leurs ancêtres, nos Sages, véritables mineurs rouges, piochent le pavé parisien pour extraire le bistrot de l’année.
Clin d’œil du destin, le lauréat 2008 s’appelle : « Le Bougnat » !

Retrouvez Jean Lapoujade sur www.bistrotavins.com

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