Les Editos Bachiques de Jean Lapoujade

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Le verre galant

Dans l’assemblage monarcho-républicain des impétrants qui ont gouverné la France et ses vignobles, le souvenir d’Henri IV gouleye dans toutes les mémoiresscolaires comme un rayon de soleil bachique dans une histoire chaotique.
Natif du Sud-Ouest, je ne l’ai pas fait exprès, la légende le baptisa à l’ail et au jurançon et son œuvre philanthropique se saupoudra de plaisirs hédonistes qui lui valurent le surnom de « vert galant » ! Tout au long de son règne, la bonne chère et la chair bonne ne furent jamais absentes.
Après les guerres de religion (je précise pour nos Sages qu’il ne s’agissait pas d’un conflit entre beaujolais et bordeaux) Henri cherchait une idée pour retrouver une France tranquille. Peu enclin aux mondanités de basses cours, le jeu des vieilles cocottes de la noblesse lui suggéra ce concept politique volaillé : « la poule au pot tous les dimanches ».
La France d’en haut et d’en bas, celle qui se lève tôt et celle qui se couche tard, durent mettre ce plat succulent à leur menu dominical. Une sortie réussie pour ces vieilles poules qui se faisaient farcir une dernière fois avant de s’alanguir, en compagnie de légumes saisonniers turgescents, dans un bouillon parfumée de toutes les herbes du jardin.
Pour soutenir ce plan sénior de nos basses-cours, il fonda la confédération galinacéenne du travail qui, me dit-on, perdure encore aujourd’hui sous l’abréviation CGT.
Henri IV, disparut malencontreusement, en 1610, victime anachronique d’un couteau de cuisine tenu par un pouleaupotphobe notoire du nom de Ravaillac.
Le 14 mai, pour célébrer le 400e anniversaire de ce régicide cornélien, Tradition du Vin rendra hommage à sa façon au bon roi Henri en lançant l’année de la poule au pot. Ce jour là, vous pourrez déguster ce met royal en plat du jour chez nos bistrots couronnés.

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