La sélection des bistrots par la Bouteille d’Or

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A partir d’octobre, la machine à sélectionner se met en marche. Les membres actifs de Tradition du Vin, se réunissent chez l’un d’eux. A les voir dans une arrière-salle assis autour d’une table, on pense un peu aux Chevaliers de la Table Ronde. Si le ton est un peu comploteur mezza voce au début, bientôt les esprits s’échauffent. Car les gars de la Bouteille d’Or ne sont pas des tristes. Il y a Georges Tardieu, dit « Tonton “ l’un des premiers à l’avoir décroché avec son bistro, l’Escale, sur l’Ile-Saint-Louis. C’est une éminence des bistros. Malgré les années, il conserve ce talent, comme la botte secrète d’un mousquetaire pour boire un verre de vin avec le pied posé sur le dos de la main sans faire une tâche. Cette année 2006, c’était au Petit Chavignol. Les débats sont conduits par Jean Lapoujade. Sa faconde et sa bonne humeur ne sont pas de trop pour canaliser les débats et modérer un esprit carabin chez certains membres.

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Les bistros candidats sont présentés par leurs parrains membres de Tradition du Vin. Chaque année, une dizaine de bistros sont en lice pour décrocher le trophée.

Chaque membre du jury doit  aller sur le terrain et  tester les candidats. Naturellement, les bistros sélectionnés sont prévenus. Ils savent qu’ils vont faire l’objet de visites des membres de l’association. «C’est assez stressant, confie Laurent Roucous, Bouteille d’Or 2004 avec l’Imprévu de Vitry. Tout y passe, l’accueil, la cuisine, le choix de nos vins. Ca ne plaisante pas. »

«On ne se présente pas, mais parfois, on est reconnu. On boit un coup au comptoir en entreprenant le patron. Parfois, on nous prend pour des flics. » explique un autre. Tout est noté, l’accueil, la rondelle de saucisson et bien sûr, la sélection et la connaissance des vins. Gentiment,  le patron est interrogé pour voir ce qu’il sait des vins qu’il sert et des vignerons qui leur ont donné naissance. Malheur à celui qui met des vins de négociants.

Au fur et à mesure de la sélection, les éliminés tombent. Pour les deux derniers en lice, l’épreuve terrible est celle de la dégustation. Chacun des deux bistrots doit proposer trois vins de même appellation et de même millésime, type Côte du Rhône ou Chinon. Ce sont les membres du Jury qui les goûtent et les départagent. In vino…

Il y a bien sûr des débats internes. Certains des membres insistent sur le côté exceptionnel de ce prix. Il faut que la Bouteille d’Or se mérite, qu’elle garde son côté exceptionnel. «Le bistrot lauréat doit organiser un événement à la hauteur de la récompense. »

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