La Bouteille d’Or, histoire d’un trophée bistrologique.

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Bernard Roquebouges, patron du Petit Chavignol, Bouteille d'Or 2002

Bernard Roquebouges, patron du Petit Chavignol, Bouteille d’Or 2002

Une remise de la Bouteille d’Or, c’est un jour qui compte dans la vie d’un patron de bistrot. Le quartier non plus ne l’oublie pas. Les vignerons amis, parfois au nombre d’une vingtaine, montent à Paris pour venir faire déguster leurs merveilles ainsi que les charcutiers bretons ou auvergnats. Et c’est l’occasion d’une petite fête bachique dans le quartier.

Au fil des années, la remise de la Bouteille d’Or est devenue un événement dans le monde des bistros.

La Bouteille d’Or ne récompense pas simplement une sélection des vins mais un esprit bistrot, un accueil, une chaleur humaine, une cuisine . Bref, l’ âme et le travail d’un homme ou d’une femme ou des deux. En ce sens, elle apparaît comme un acte de la civilisation française. Les clients ne s’y trompent pas qui reconnaissent la distinction et ne considèrent pas le prix comme un prix de pistonné. Sans doute parce que les heureux élus demeurent les mêmes.

Pour le bistrot, obtenir la Bouteille d’Or, c’est comme pour le boulanger, décrocher le prix de la Meilleure baguette, une récompense qui va se traduire par une hausse de la fréquentation et du chiffre d’affaires. «C’est vrai que ça marche mais encore faut-il que le bistrot le fasse savoir. Et continue de travailler de la même façon», explique un lauréat.

Créée en 1986, par des copains bistrotiers, Bernard Perret du Rallye Perret, Paul Calvet du Soleil d’Austerlitz ou encore Lionel Poilâne, l’Association Tradition du Vin a un objet plus large que la Coupe du Meilleur Pot centré sur le Beaujolais. Aujourd’hui, elle est animée par Jean Lapoujade, directeur général de Poilâne, infatigable propagandiste du bistro. Pour autant le bistro n’a pas besoin de servir du pain Poilâne pour être sélectionné.  A partir du moment où l’on réhabilitait le pain de tradition, c’était prêcher pour son église de réhabiliter le bistro de tradition. Même si Poilâne est présent dans les bistros, jamais la Bouteille d’Or n’a été décernée à tel ou tel en fonction du choix du pain.

La Bouteille d’Or, ça se mérite !
«Nous avons une réunion tous les deux mois, et toutes les décisions sont prises à la majorité après un débat mené de façon démocratique. Chez nous, rien n’est décidé à l’avance.»
Montant de la cotisation des membres : 260 €, rien de symbolique donc.
Mais une Bouteille d’Or génère des articles de presse et une notoriété dans le quartier à condition que sa remise soit transformée en événement. «Parfois, il nous arrive de nous tromper et de la remettre à certains bistros qui ne comprennent pas l’enjeu», confie le trésorier de l’association Tradition du Vin.
Car recevoir la Bouteille d’Or se mérite. Il faut compter au bas mot 9000 € pour bien faire les choses afin de recevoir le quartier en grande pompe. Un coût qui vaut le coup, si on a bien communiqué dans le quartier … Mais tout cela dépend de l’état d’esprit du récipiendaire… «On ne va quand même pas lui dire combien investir dans la cérémonie.» Il en va de même avec les mariages, généreux ou radin, le diable gît dans ces détails…

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