Beaujolais nouveau 2009, le vin superbe enrayera-t-il le déclin ?

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Voilà un millésime comme on n’en a pas vu depuis 25 ans. Pas besoin d’y ajouter un gramme de sucre. Au contraire, l’INAO a même dû autoriser le primeur 2009 à dépasser le cap des 12,5°. La faute à une météo ensoleillée. Adieu framboise et banane, le primeur 2009, rond et soyeux, développe des arômes de fruits noirs. Il pourra même s’oublier au fond d’une cave quelques années. Beaucoup l’ont déjà goûté car pour la première fois, et afin d’alléger les problèmes de logistique des viticulteurs, il a été livré dans les bistrots parfois jusqu’à 20 jours d’avance.

Alors que les grands vins s’écroulent, le côté franchouillard du beaujolais résiste à l’étranger

Le beaujolais a une image franchouillarde qui hérisse certains. Le fait est qu’il demeure symbolique à l’étranger, du vin des bistrots populos et joyeux. C’est cette image qu’il véhicule depuis trente ans et que les Japonais cherchent à capter. Même si cette année, du fait de la crise, du coût du fret aérien et de l’Euro fort, la bouteille à Tokyo risque de tutoyer les 25 €. Du coup, les Nippons en boiront moins que les Américains de la côte Est qui peuvent profiter des prix bas du transport maritime. Cette relative réussite du beaujolais à l’étranger si souvent brocardée mérite d’être mentionnée à l’heure où bien des grands vins ont perdu en quelque mois tous leurs repères. C’est vrai en Bourgogne où le chablis a baissé de 50% en un an, et en bordelais, où outre-Atlantique, les grands crus ont perdu leur principal distributeur et affichent des cours en chute libre. Ne parlons pas du champagne qu’on pourra retrouver sur les linéaires à 12 voire à 10 €…

En revanche, à Paris beaucoup moins..
Pour les Vins Richard qui écouleront environ 100 000 bouteilles de beaujolais sur Paris, le « nouveau » continue de marquer le pas. «C’est dommage, surtout cette année qui donne un produit exceptionnel, de ne pas pouvoir en fournir plus. Mais quand on voit le manque d’entrain de nos clients face au beaujolais nouveau, on est toujours inquiet sur les volumes et l’on prend déjà un risque. Ce qui manque c’est une action de l’interprofession qui doit repenser ces journées-là et retravailler l’image du beaujolais nouveau un peu sur l’exemple des « apéro vintage » des bordeaux.» explique Corinne Richard, responsable des Vins Richard. A ses yeux, relancer le beaujolais nouveau implique de communiquer différemment et de changer l’image vieillotte et franchouillarde du beaujolais accordéon afin de toucher des cibles plus jeunes des 25/35 ans. De son côté, France Boissons, a pris son parti de la perte de près de 500 000 cols vendus en dix ans et a intégré le Beaujolais Nouveau dans une opération de com plus large baptisée le Défilé des Primeurs. Une même gamme incluant outre deux beaujolais, un côte du rhône, un gaillac, un mâcon, un muscadet et un touraine. De quoi fournir des thématiques d’événements aux bistrots et brasseries sans se limiter à un terroir.

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