Quand l’Absinthe coulait à flot à la Closerie des Lilas…

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raynal_picassoOn a du mal à imaginer ce que fut Paris voilà 100 ans. Un cas unique dans l’histoire de l’art, une concentration d’artistes de toutes disciplines et de tous pays qui allaient générer des ruptures sans retour en arrière.
Pour percevoir ce qu’a pu être cette époque, “La Bande à Picasso” est un livre superbement illustré dédié à l’ami de Picasso, Maurice Raynal, par son petit-fils, David. 
Témoin de la genèse du cubisme de la bande du Bateau Lavoir, Maurice Raynal a englouti son héritage en trois ans pour faire connaître Picasso et ses amis notamment lors des après-midi “Vers et Prose” organisés à la Closerie des Lilas chaque mardi par Paul Fort. 
L’absinthe y coulait à flots et enflammait l’âme des participants. La Closerie des Lilas était alors le point de ralliement, le trait d’union des Montmartrois (Picasso, Apollinaire) et des artistes de Montparnasse.

La « bande à Picasso » est surtout un retour aux origines du cubisme qui permet d’aborder avec un œil neuf le bouillonnement du Paris artistique, entre Montmartre et Montparnasse, entre Ruche et Bateau Lavoir du nom de leurs ateliers. Aujourd’hui on parlerait de squats…

Quand les Montmartrois débarquaient à la Closerie (extrait tiré du livre « la Bande à Picasso »).

« Comme souvent, l’arrivée des Montmartrois à la Closerie des Lilas se devait d’être sulfureuse. Alfred Jarry, … , qui était maniaque de la gâchette, tirait à blanc dans la direction des glaces de l’établissement. Visiblement las d’être ignoré par la gente féminine, l’auteur du Surmâle aurait déclaré à une ravissante jeune femme qu’il voulait impressionner «Maintenant que la glace est rompue, causons » Max Jacob, un autre habitué du Lapin agile, qui jouait lui aussi, mais d’une façon différente, avec le feu, se serait hissé sur une table de la grande salle du rez-de-chaussée dans le but unique de danser une gigue armoricaine, tout en récitant un poème satirique.
L’année 1907 sera décidément fertile en événements, anecdotiques ou bien cocasses. Apollinaire, se croyant insulté par un article, provoque son auteur, Jean de Mitty, une fine lame, en duel. Les bons offices et l’obstination de Max Jacob le sauveront in extremis d’une rencontre qui s’annonçait funeste.»

Yves Espositio, chef Barman à la Closerie : «Quand j’ai refait la carte de la Closerie, je ne pouvais imaginer qu’il n’y ait pas d’absinthe. Ici, l’absinthe a coulé à flots. Pour la Closerie, c’est donc une boisson historique. Et tant pis si on ne sert qu’une demi-bouteille par mois.»
Prix de la dose d’extraits d’absinthe Pernod : 9,50€

Lire l’Interview de David Raynal, auteur de « La Bande à Picasso »

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