Collectionneur de machines à sous, un collectionneur pas comme les autres

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Nostalgiques d’un passé ou à la recherche d’un objet insolite, les collectionneurs de machines à sous – une soixantaine en France près de 3000 dans le monde- parcourent des milliers de kilomètres pour dénicher l’oiseau rare.

Nous sommes en 1970 à la Foire à la ferraille de Chatou, Hauts de Seine. Bernard Petel, animateur de soirées, flâne. D’un seul coup, son coeur se met à battre à 200 à l’heure. Enfin, il l’a trouvée. Qui donc ? « Sa » machine à sous « Quand j’étais gamin, j’en avais vu une dans un bistro. J’ai joué dessus et j’ai gagné. Je me suis dit : quand je serais grand, j’en aurais une ». De fil en aiguille, il en a acquis plus d’une centaine.
Dix années plus tôt, Bernard Pansu, à la même foire de Chatou achète sa première machine à sou, c’était une Pace Bleue. Peu de temps après il achète à la foire de la Villette, une murale en bois et attrappe définitivement le virus de la collection.
Jean Lemaître, le plus grand collectionneur de machines à sous (il en possède près de 1000) a acquis sa première machine à sous en 1975 par hasard aux Puces, une machine à billes. Un souvenir d’enfance, car ses parents en avait une dans le grenier de la maison familiale. Et lorsqu’il tomba dessus à l’âge de 10 ans, il se prit de passion à la réparer. Depuis il n’arrête plus de remettre les machines en état.

Caractéristique de ces collectionneurs : ils se battent même pour des épaves. Plus une machine à sous est en mauvais état, plus ils seront contents et neuf fois sur dix la machine à sous ne fonctionne pas. « Mon plus grand plaisir avoue un collectionneur c’est d’acheter une machine en très mauvais état et de lui redonner vie ». Certains bricoleurs de renom jouent même les artisans de génie. L’achat de ces épaves permet en outre d’avoir une formidable monnaie d’échange. Jean Lemaitre en sait quelque chose.
« Ma collection a progressé grâce aux échanges. J’ai récupéré toutes les machines à sous que je trouvais. J’ai ainsi acquis près de 200 machines à sous grâce à la renocntre avec un ferrailleur qui venait déménager le hangar d’un ancien exploitant décédé. Qu’elles soient ou non en bon état. Je les restaure pour les échanger ensuite contre des modèles que je n’ai pas »
. On comprend mieux les propos de Maître Pascal Maiche, « la mécanique vaut plus que le cadre sans la mécanique ».

Mais attention, n’allez pas conclure qu’il suffit d’être un bon bricoleur pour se lancer dans une collection de machines à sous et faire de bonnes affaires. Si vous n’êtes pas en possession de stocks de pièces détachées, mieux vaut tout de suite oublier cette idée. Certains collectionneurs en possèdent 30 tonnes ! Et même si une certaine solidarité existe entre les collectionneurs quand il s’agit de prêter un schéma de montage ou une pièce détachée en vue de la faire refondre, le cercle est très fermé. Si vous n’êtes pas en mesure de les aider à votre tour, ils vous laisseront tomber. « Ceux qui ne prêtent jamais, lance un collectionneur sont vite répérés ».

Dernier conseil aux néophytes, réfléchissez bien avant d’entreprendre une telle collection, votre parcours risque d’être semé d’embûches. Pour peu que vous fassiez jouer un soir au coin du feu vos amis, la Brigade des Jeux peut vous tomber dessus. Et adieu à votre collection …

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