UNIVERS BISTRO
>> Les objets culte

Où trouver une machine à sous ?

Acquérir une machine à sous de collection tient du véritable jeu de piste. Les recherches peuvent être lancées dans quatre directions.


La première : chiner. Foires à tout, déballage d'antiquités, puces, au hasard d'une promenade, il se peut que vous tombiez sur une machine. Le déballeur n'est pas censé savoir que la vente est interdite. Les brocanteurs ? Ce n'est pas ma peine d'essayer. Les collectionneurs mordus ont leur entrée. Dès qu'une pièce arrive, elle leur est déjà réservée en catimini.

Deuxième possibilité : jouer les Sherlock Holmes, comme le collectionneur Jean-Claude Baudot. Après maintes recherches, il trouve les noms des anciens importateurs français de machines à sous américaines. un coup de téléphone aux héritiers. Et voilà l'affaire réglée. Il a ainsi mis la main sur 36 tonnes de machines à sous ! (c'était avant la loi de 1983 ... ).
Jean Lemaître, pépiniériste de son état, est quant à lui, en permanence à l'affût de tout papier, archive ou document qui pourraient lui donner une quelconque indication sur le nom d'un exploitant ou d'un fabricant.

"Il y a 20 ans, explique Jean Lemaître, les petites annonces suffisaient. Mais nous n'étions qu'une poignée de collectionneurs. Aujourd'hui nous sommes bien plus nombreux.
Mais des annonces j'en passe tout de même pas mal notamment dans les journaux régionaux. Là où les jeux à monnayeur ont connu un essor important. C'est le cas dans les bistrots du Nord , à Marseille ou encore à Bordeaux où les contrôles étaient moins rigoureux qu'à Paris".

Troisième piste : sortir de l'hexagone et voler vers les Etats-Unis. Mais attention, la loi du 12 juillet 1983 interdit formellement l'importation de machines à sous et la douane est très tatillonne. Certains collectionneurs ont ainsi acheté à Las Vegas des machines qui ont été bloquées pendant cinq ans au Havre. D'autres plus chanceux ont réussi à dédouaner leurs "bijoux" en les déclarant comme "jouet antique" ou "jeu ancien".

Le plus simple c'est encore de se rabattre sur la vente annuelle qui a lieu à Chartres. La Mecque pour les collectionneurs. C'est là que le marché se fait. Une cinquantaine de machines à sous s'y arrachent chaque année. Et pas besoin d'essayer de comprendre comment des officiers ministériels ont obtenu l'autorisation légale de vendre ces machines alors que la loi du 12 juillet 1983 en interdit la vente dans les lieux publics !