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Il était une fois l'absinthe 1/5

Muse aux yeux verts des artistes, elixir et morphine des poètes, Fée verte, la Bleue ... Symbole de toute une époque et phénomène de société, l'absinthe a reçu de nombreux surnoms. Jamais une boisson n'aura suscité autant de controverses et de débats. Adulée par les uns, bannie par les autres qui l'accusent de rendre fou. L'histoire de l'absinthe est riche en rebondissements.

Avant de devenir une boisson nationale au même titre que le Pastis aujourd’hui, l’absinthe surnommée joliment par Oscar Wilde la Fée verte était un élixir (sans alcool) aux vertus thérapeutiques fabriqué en Suisse.

On doit la boisson alcoolisée à un certain major Daniel-Henri Dubied qui rachète en 1797 à une demoiselle Henriette Henriod du canton de Val de Travers en Suisse la recette de son élixir fait à base d’absinthe.
Plante qu’elle cultive elle-même dans son jardin et distille avec de l’anis dans l’alambic de sa cuisine.

Un élixir dont elle-même tiendrait la recette d'un voisin, le Docteur Pierre Ordinaire qui le prescrit pour traiter l’épilepsie, la goutte, les calculs rénaux, les coliques, les vers.

Le major Dubied, la formule du breuvage en poche, s’associe avec son gendre Henri-Louis Pernod, dont le père est bouilleur de cru. Il ouvre une distillerie en Suisse. Fenouil, hysope, anis et mélisse viendront se rajouter aux feuilles d’absinthe. L’absinthe version apéritif était née !

Henri-Louis Pernod quitte son associé (pour voler de ses propres ailes selon certains) et la Suisse (en raison de taxes sur les alcools trop élevées diront d'autres). En tout cas, il ne s'éloigne pas trop. Puisqu'il reste dans le Jura, côté français. Direction  la vallée du Doubs. A Pontarlier précisément. Il s'y installe et ouvre en 1805 la première distillerie française d’absinthe, la compagnie Pernod Fils. Deux alambics produisent 16 litres d’absinthe par jour. La production passe à 450 litres en 1880 puis en 1900, il sortira des usines 25 000 litres par jour !

Pontarlier qui abrite aujourd’hui le Musée de l’absinthe deviendra la ville emblématique de l’absinthe. De quatre distilleries en 1826, la ville en compte plus de 20 en 1905. Pas moins de 3000 personnes travaillent directement pour la boisson et 10 millions de litres sont livrés dans le monde entier.

L’absinthe connaît son heure de gloire dès 1850. Au cours de la conquête de l’Algérie les cales des navires qui partent en Afrique du Nord regorgent d’absinthe. Celle-ci est embarquée pour ses vertus thérapeutiques. En effet, l’absinthe diluée dans l’eau sera utilisée de 1844 à 1847 pour soigner les soldats et les colons de la dysenterie, du typhus et de la malaria. Elle sert également, on s'en doute, à égayer la monotonie qui règne dans les casernes !

Bref, de retour en France, les officiers des Bataillons d’Afrique ne manqueront pas de lancer la mode de l’absinthe en s’affichant un verre d’absinthe à la main à la terrasse des cafés des Grands Boulevards. Cette boisson fraîche et amère inconnue jusque-là intrigue bien des passants.

 

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L’absinthe, une plante médicinale

Absinthe, Artemisia Absinthium en latin aurait des vertus médicinales, lorsqu’elle est employée en décoction, cataplasme ou en eau distillée. 
Médecins, botanistes et pharmaciens la prescrivent essentiellement pour soulager les maux d’estomac, les troubles digestifs mais aussi fièvres de toutes sortes.

Un papyrus égyptien de 1600 avant J.C  recommande l’absinthe comme remède contre la fièvre, stimulant et antiseptique.

Pythagore conseille de diluer cette plante dans le vin pour provoquer l’accouchement. Hippocrate quant à lui la prescrit pour combattre l’anémie, les règles douloureuses et les rhumatismes.

Le saviez-vous ?
A la suite d'un incendie survenu à la distillerie Pernod à Pontarlier en 1901, une partie de la production d'absinthe fut déversée dans le Doubs.
Résultat : quelques jours plus tard on pouvait déguster cet apéritif à même le lit de la rivière La Loue à 30 km en aval. C'est ainsi qu'on découvrit que celle-ci était une résurgence du Doubs. CQFD.