Le Prix des Deux Magots

0

« Constituons un jury de treize membres choisis parmi nos amis. Nous verserons chacun 100 francs et nous couronnerons l’ouvrage d’un jeune écrivain qui recevra 1300 francs, ce qui n’est pas négligeable ». Nous sommes en 1933 à la terrasse du café des Deux Magots.
C’est ainsi que Martyne, bibliothécaire de l’Ecole des Beaux-Arts et Roger Vitrac l’auteur de » Les Enfants au pouvoir », décidèrent de créer ce prix littéraire. Le jour même où le prix Goncourt était attribué à André Malraux pour son roman La Condition humaine.

prix-2magots2009

La liste du jury fut dressée rapidement. Elle comprenait Jacques Baron, André Derain, Robert Desnos, Isaac Grünbert, Alfred Janniot, Michel Leiris, Martyne, Armand Megglé, Henri Philippon (secrétaire général du prix), Georges Ribemont-Dessaignes, André de Richaud, Gaston-Louis Roux et Roger Vitrac. Dès 18 heures, la majorité du jury était réunie, (les convocations étant arrivées plut tôt par pneumatique) et c’est à main levée que le premier prix des Deux Magots fut décerné au jeune Raymond Queneau, un écrivain encore inconnu, pour son premier livre Le Chiendent.

Le plus étonnant dans la création de ce prix littéraire, c’est que le propriétaire d’alors, un certain Monsieur Boulay, n’apprendra que le lendemain dans les journaux, la création du prix des Deux Magots. Devant la médiatisation de l’événement, il proposa aussitôt de doter dorénavant lui-même ce prix de ses deniers. Ses successeurs n’ont jamais dérogé à la règle.
Le prix des Deux Magots est doté à ce jour d’un montant de 7500 euros.

Si les politiciens, artistes et philosophes ont usé les banquettes de cette institution, le prix des Deux Magots a récompensé bien des auteurs à succès. Parmi eux Antoine Blondin (L’Europe Buissonnière, 1950), Albert Simonin (Touche pas au grizbi, 1953), Henri François Rey (La fête espagnole, 1959) … Plus récemment on citera François Weyergans (Macaire le copte, 1994) et Marc Dugain (La Chambre des officiers, 1999).

Partager sur :

Les commentaires sont fermés.