Le Café Riche vu par Maupassant

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Le café Riche, avec ses cabinets particuliers, nous est parfaitement reconstitué au chapitre 5 de la première partie de Bel Ami. Tout comme l’ambiance régnant sur les Grands Boulevards qui connurent leur heure de gloire sous le second Empire. Les boulevards de Bonne-Nouvelle, Montmartre, Poissonnière, des Italiens et des Capucines sont en effet aménagés à la même époque, entre 1680 et 1685. Ils connurent un développement sans précédent grâce à l’installation de différents théâtres notamment celui des Variétés, celui des Folies Bergères inaugurées en 1869 et enfin avec l’Opéra. De nombreux cafés s’y installèrent également. Tortoni, Frascati, le Café de Paris, le Café Riche, le café de Madrid, le Café Anglais. C’est, aussi, boulevard Poissonnière que sont situés les locaux de « La Vie Française », le journal qui va être l’instrument de la réussite du héros du roman Duroy.

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Toute l’importance de ces boulevards est donnée dès le premier chapitre : Duroy s’y dirige vers la Madeleine où sa réussite sociale sera consacrée, à la fin du roman, avec la célébration de son mariage avec Suzanne Walter. C’est là aussi qu’il fait la rencontre décisive de son ami Forestier.

Duroy, élégant jeune homme et rédacteur à La Vie française, est invité par Madame de Marelle à dîner au Café Riche en compagnie des Forestier dans un salon privé. Situé au « 2ème étage » ce petit salon donne sur le boulevard avec une fenêtre unique. Ce lieu clos est un cadre propice au discours amoureux. Ce salon privé semble les protéger et les isoler, et leur permettent de s’exprimer en toute liberté et en toute confiance.
Maupassant fait d’ailleurs dire au héros qu’il est un amant passionné : «  moi quand j’aime une femme, tout disparaît autour d’elle « . Il n’hésite pas à se présenter comme un amant idéal auquel succomberont plus tard Madeleine et Clotilde. Tout au long de ce chapitre 5, Maupassant nous donne un éclairage sur les plats qui sont servis durant le souper : Les huîtres  « mignonnes et grasses  » caractérisent un repas fin et recherché. Maupassant suggère à demi mot l’étroit rapport unissant la chère à la chair :  » une truite rose comme de la chair de jeune fille  » ; Autre symbole de raffinement mais aussi de fête : «  le champagne qui enivrait leur âmes , comme le vin qui chauffe le sang et trouble l’esprit « .
Maupassant nous décrit le Café Riche avec une très grande précision en soulignant le raffinement de la décoration : « Une table carrée, de quatre couverts, étalait sa nappe blanche, si luisante qu’elle semblait vernie; et les verres, l’argenterie, le réchaud brillaient gaiement sous la flamme de douze bougies portées par deux hauts candélabres». Il insiste sur la discrétion du personnel ou plutôt du «garçon maître d’hôtel» et sur le paraître et l’élégance des convives : « habits noirs de Duroy, voile….. »

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