Eugénie Grandet et le café

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« Qu’est-ce que c’est que cela? demanda Charles en riant.
Et il montrait un pot oblong, en terre brune, verni, faïencé à l’intérieur, bordé d’une frange de cendre, et au fond duquel tombait le café en revenant à la surface du liquide bouillonnant.
– C’est du café boullu, dit Nanon.
40 – Ah! ma chère tante, je laisserai du moins quelque trace bienfaisante de mon passage ici. Vous êtes bien arriérés! Je vous apprendrai à faire du bon café dans une cafetière à la Chaptal.
Il tenta d’expliquer le système de la cafetière à la Chaptal.
– Ah! bien, s’il y a tant d’affaires que ça, dit Nanon, il faudrait bien y passer sa vie. Jamais je ne ferai de café comme ça. Ah! bien, oui. Et qui est-ce qui ferait de l’herbe pour notre vache pendant que je ferais le café?
– C’est moi qui le ferai, dit Eugénie.

– (…)

– Charles ayant goûté son café, le trouva trop amer, et chercha le sucre que Grandet avait déjà serré. – Que voulez-vous, mon neveu? lui dit le bonhomme. – Le sucre. – Mettez du lait, répondit le maître de la maison, votre café s’adoucira. Eugénie reprit la soucoupe au sucre que Grandet avait déjà serrée, et la mit sur la table en contemplant son père d’un air calme. »

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