Richard Lafond, décorateur en vogue dans brasseries

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Avec plus de 250 affaires transformées en  trente ans, les Lafond père et fils comptent parmi les décorateurs et architectes d’intérieurs des brasseries les plus influents. Dernière en date, le café Le Bonaparte face à l’église Saint-Germain des Prés. Interview de Richard Lafond.

Dans quel esprit avez-vous travaillé au Bonaparte ?
Quand un endroit est accaparé par une clientèle de quartier, notre métier c’est d’abord de comprendre le lieu où il se situe. Ici, on est à Saint-Germain de Près avec des institutions comme Lipp, le Flore ou les Deux magots qui sont restées quasiment dans leur jus depuis leur création. Le Bonaparte a une identité forte dans le quartier. Il avait été relooké il y a trente ans. L’idée, c’était aussi de considérer que ce qu’il y avait avant n’était pas si mal et de ne pas imaginer quelque chose de radicalement différent.

Concrètement ?
Le fond esthétique de l’affaire demeure. On lui a remis des strates un peu historiques, le côté Empire avec les appliques, les années trente avec les luminaires, les années cinquante avec le lambrequin plastifié de la devanture. Mais surtout on a apporté plus de confort. La nouveauté du lieu, ce sont les cartes des vieux plans de Paris. Car avec une affaire qui s’appelle Bonaparte, c’est compliqué de ne pas dévier dans le style Empire où l’identité n’est pas proche d’un café. On a voulu mettre ça de côté. Il n’y a quasiment rien en rapport avec Bonaparte.

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Et l’ascenseur ?
Michel Tafanel a longtemps eu un problème avec les toilettes du Bonaparte qu’il ne jugeait pas à la hauteur du lieu. Il a voulu rebondir là-dessus, en créant un objet novateur, quelque chose qu’on n’a pas l’habitude de voir. L’ascenseur ajoute au lieu un petit mystère. C’était l’un des points forts du cahier des charges du client.

En fait ce qui caractérise Lafond c’est plus une démarche qu’un style ?
Oui, nous n’avons pas un style arrêté comme notre célèbre confrère Jacques Garcia. Nous faisons des lieux commerciaux,  pas des show-room de décoration. Concrètement sur le plan technique, ils doivent permettre de travailler le mieux possible et donc de servir encore mieux une clientèle. Avec une image pensée en fonction du quartier, de son positionnement en termes de prix.
On n’inscrit pas un commerce sur l’éphémère avec ce genre de projet où les investissements peuvent être très lourds. Si on doit le changer tous les deux ans, ça n’a aucun intérêt. On va imaginer  un visuel -ce que les gens vont voir- mais surtout derrière un fond technique. C’est ce qui est très long à mettre en place.

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