René Bouldoires,
décorateur bougnat
Comment
est-il devenu décorateur de bistro ?
Sans doute en voyant son père, s’échiner à se
coltiner des sacs de charbons sur son chantier de Gagny. «C’était
un vrai bougnat monté de son pays dans les années
60. Mais moi je ne me voyais pas vider des wagons.» confie
René Bouldoires qui a donc pris le chemin de l’école
Boule. «C’est vrai qu’on y apprend tout,
le travail manuel comme les règles de l’art
par exemple pour fignoler un pied Louis XV. En revanche, on
n’y apprend pas qu’un meuble froid derrière
un comptoir implique une isolation et une évacuation
qui prend de la place. Cela s’apprend sur le tas comme
le juridique, l’administratif et les contraintes des
clients. Moi, j’ai appris ça en travaillant
avec M. Garrigou, un Aveyronnais décorateur de bistro. »
Depuis 1972, René Bouldoires est à son compte,
il réalise une vingtaine de chantiers par an. «Mais
précise-t-il, il y a de tout, du remplacement des
banquettes et des luminaires à la remise à plat
totale. »
Ce qui fait sa caractéristique c’est, «d’être à l’écoute du
client, » les bistros disent de lui qu’il a la
réputation d’être meilleur marché que
ses confrères et d’avoir moins d’idées
arrêtées. «Il n’impose pas ses choix. Il
sait trouver le meilleur compromis entre les desiderata du
client et les contraintes techniques. L’étain
ou le bois pour un comptoir, ça n’est pas le
même prix mais cela n’a pas non plus les mêmes
vertus. Bref, un décorateur de bistro de quartier chaleureux et qui sait s'adapter.
Comment ça se passe avec le client. «Si
je ne sens pas le contact avec le client, je ne donne pas suite car entreprendre une nouvelle décoration c'est d'abord une question de confiance.»
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Combien ça
coûte de travailler avec lui : A partir de 450
000 €, on peut refaire un endroit de 90 places. Le taux
de rémunération d’un décorateur
est de 7 à 8 % pour gars comme Bouldoires, sinon c’est
parfois plus cher avec les grands.
Des bistrots signés Bouldoires
Le Seize (Paris 16ème)
Mon Café(Paris 12ème)
Stan and Co (Paris 9ème) |