Montmartre devient le centre du monde.

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Montmartre et la Nouvelle Athènes déclarent la guerre à l’académisme de l’Empire

Le café de la Nouvelle Athènes

Le café de la Nouvelle Athènes

Dans les Cabarets des faubourgs un autre monde se dessine et Montmartre décolle.Derrière le Paris scintillant et luxueux du Second Empire avec ses grands boulevards et ses cafés prestigieux, il y a un autre Paris. Il gronde et grouille sous l’effet d’une urbanisation mal ou pas maîtrisée, d’une Révolution industrielle qui engendre un prolétariat miséreux rejeté dans les faubourgs par les travaux du baron Haussmann.
Vers 1860, alors que les faubourgs sont englobés dans Paris et accèdent au statut d’arrondissement, bien des artistes prennent le chemin de la butte Montmartre, des Batignolles où Manet en chef de file officie au Café Guerbois ou au Café de la Nouvelle Athènes de la place Pigalle pour la vue ou le loyer. Ils rejettent l’académisme de l’Empire et ses poncifs.

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Le précurseur a été Courbet, chantre du réalisme pictural. Après le cabaret du Père Lathuile, le peintre prend ses habitudes au Cabaret de la Belle Poule, rue des Martyrs, puis à la Brasserie des Martyrs avec d’autres peintres tels Bonnat ou Stevens. Mais à mesure que leur art évolue, les artistes continuent leur ascension vers Montmartre.

Montmartre devient le centre du monde

La fin du Second Empire et surtout les premières années de la Troisième République sonnent l’âge d’or de Montmartre. Poètes et artistes s’y précipitent. La Bohème se porte à merveille autour du Bateau Lavoir.

En fait, l’ascension de la Butte se fait progressivement, à mesure des audaces picturales impressionnistes. Manet qui a son atelier à proximité des Batignolles fréquente d’abord le Café Guerbois durant neuf ans jusqu’à 1874. On y voit aussi Renoir, Cézanne, Pissaro ou Degas. Zola y passe aussi. Il y prend des notes qui lui serviront à décrire son café Baudequin pour l’Œuvre. Là, Manet et ses amis posent les bases de l’impressionnisme.
Puis il y a Pigalle et le Café de la Nouvelle Athènes. Renoir, Pissaro, d’abord grands fauchés devant l’éternel y ont leurs ateliers aux alentours.

L'absinthe de Degas

L’absinthe de Degas

C’est à la Nouvelle Athènes que Degas peint cette petite dame si triste et si seule devant son verre d’absinthe. C’est de le Nouvelle Athènes que l’on décide d’aller se changer les idées et d’aller faire se donner des impressions du côté d’Argenteuil. Il y a aussi les musiciens. Maurice Ravel s’y lie avec Erik Satie.
Montmartre s’enflamme avec la multiplication des cafés et des cabarets.
Les artistes et écrivains fluctuent et vont d’un café à l’autre. Par exemple au café du Rat Mort.

La réputation de Montmartre se fait avec la naissance des “cabarets artistiques“. A commencer par le Chat Noir de Rodolphe Salis ou le Lapin Agile d’André Gil. Montmartre devient un lieur de plus en plus touristique attirant chaque année plus de monde et d’amateurs de folies. Ne parlons pas des bals Folies Bergères ou du Moulin de la Galette dont raffolent la bonne société et les artistes, à commencer par un certain Toulouse-Lautrec monté de son Albi natal.

Toulouse-Lautrec au Moulin de la Galette - photo de Georges Beauté

Toulouse-Lautrec au Moulin de la Galette – photo de Georges Beauté

Devant la foule des touristes, les artistes commencent à se chercher des coins plus propices à l’inspiration. L’arrivée du métro à Pigalle en 1911 leur donne l’opportunité de rallier directement Montparnasse. (ci-contre Toulouse-Lautrec au Moulin de la Galette, photo de Georges Beauté).

« Le café Baudequin était situé sur le boulevard des Batignolles, à l’angle de la rue Darcet… Sans qu’on sût pourquoi, la bande l’avait choisi comme lieu de réunion, bien que Gagnière seul habitât le quartier. Elle s’y réunissait régulièrement le dimanche soir ; puis, le jeudi, vers cinq heures, ceux qui étaient libres avaient pris l’habitude d’y paraître un instant ». Emile Zola, l’Œuvre

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