Les cafés des Impressionnistes

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Dans les brasseries et les cafés, c’est une autre façon de voir le monde qui s’ébauche loin des poncifs et de l’académisme. La vie de tous les jours et les sentiments qu’elle inspire. Sensualité rêveuses des serveuses, champagne, huîtres et jambons, jeu de la séduction, addiction à l’alcool et solitude de femmes sur les banquettes. Quand ils ne canotent pas sur la Seine, les Impressionnistes, Manet en tête suivis de Renoir, voient naître leurs émotions dans les brasseries et cafés.

La fin du Second Empire et surtout les premières années de la Troisième République sonnent l’âge d’or de Montmartre, quartier des artistes par excellence. L’art dans les brasseries va faire son apparition, c’est là que Manet peint ses modèles de femmes qui boivent et des serveuses.

Les Impressionnistes se réunissent à la Nouvelle-Athènes à Pigalle, ou au Café Guerbois des Batignolles. Beaudelaire initie Manet à la vie de Bohème. (Henry Murger, Scènes de la vie de Bohème) Il y a aussi la Brasserie des Martyrs ou le Café Momus, qui semble être le cas du tableau ci-dessous.

C’est aussi l’époque des grandes brasseries où l’on boit de la bière et ou l’on mange force choucroute. Zeyer, Lipp, Wepler. Car depuis que l’Alsace n’est plus française, les grandes brasseries créées par des exilés alsaciens après la défaite de 1870 sont à la mode sur les rives de la Seine.

André Devambez - Les Incompri, 1904. Quimpe, musée des Beaux-Arts

André Devambez – Les Incompri, 1904. Quimper, musée des Beaux-Arts

Lorsque Manet expose en 1863 au Salon Officiel « Le Déjeuner sur l’Herbe », le tableau fait scandale car il représente une jeune femme nue assise entre deux hommes en costume, en pleine nature. Jugé indécent par l’Académie des Beaux Arts, il est retiré. Le Salon des Refusés est alors créé en 1863 pour apaiser le ressentiment des nombreux peintres rejetés par le Salon officiel.
 «Le déjeuner sur l’herbe» y fait sensation. Manet devient ainsi le « héros » de toute cette génération de peintres : Bazille, Degas, Renoir, Pissaro, Manet, Cézanne, tous hostiles à la rigueur de l’Académisme.

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Tous se retrouvent dans les cafés qui à, cette époque, sont presque autant que les ateliers, des lieux de formation, des espaces de discussion où se forgent les convictions communes. Chaque école avait plus au moins son café qui lui était propre.

Ainsi, le réalisme, avec Courbet, élit domicile à La Brasserie des Martyrs, à Montmartre. Les élèves de Gleyre, professeur de Monet, Bazille, Renoir et Sisley, se réunissent quant à eux au café Fleurus. En 1866, Manet, qui a son atelier au 34 bd des Batignolles, jette son dévolu sur le café Guerbois, au numéro 11 de la Grande Rue des Batignolles, devenue aujourd’hui l’avenue de Clichy.
 A la fin des années 1870, c’est le café de La Nouvelle Athènes, Place Pigalle, qui sera le café de prédilection de Manet et de Degas.

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