Le cabaret du Père Lathuille

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Immortalisé par Manet dans Chez le Père Lathuille, le cabaret créé en 1765 disparaît en 1906.

Ce cabaret né en 1765 est fréquenté avant la Révolution par des Parisiens mais sa renommée date de 1814 lorsque le Général de Moncey dont les troupes défendent héroïquement la barrière de Clichy installe son QG dans le restaurant. Le propriétaire du Père Lathuille ne lésine pas sur la fourniture des vivres aux soldats.

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Edouard Manet : 1879 – Cabaret du Père Lathuile, Musée des beaux-arts de Tournai

Sa bataille à la barrière de Clichy devient légendaire. Il garnit de tirailleurs les hauteurs qui dominent les Ternes, place son artillerie au rond-point de l’Etoile.

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« Mangez, buvez mes enfants, il ne faut rien laisser à l’ennemi »

Sa bataille à la barrière de Clichy devient légendaire. Il garnit de tirailleurs les hauteurs qui dominent les Ternes, place son artillerie au rond-point de l’Etoile.

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« M. Édouard Manet a été un des infatigables ouvriers du naturalisme, et il demeure aujourd’hui le talent le plus net, celui qui a montré la personnalité la plus fine et la plus originale, dans l’étude sincère de la nature. Il y a, au Salon de cette année une scène de plein air, Chez le père Lathuille, deux figures à une table de cabaret, d’une gaieté et d’une délicatesse de tons charmantes. Voici quatorze ans que j’ai été un des premiers à défendre M. Manet contre les attaques imbéciles de la presse et du public. Depuis ce temps, il a beaucoup travaillé, luttant toujours, s’imposant aux hommes d’intelligence par ses rares qualités d’artiste, la sincérité de ses efforts, l’originalité si claire et si distinguée de sa couleur, la naïveté même qu’il a toujours eue devant la nature. C’est une existence entière vouée à l’art, courageusement ; et, un jour, l’on reconnaîtra quelle place capitale il a tenue dans l’époque de transition que traverse en ce moment notre école française. Il en demeurera comme la caractéristique la plus aiguë, la plus intéressante et la plus personnelle. Mais, dès aujourd’hui, on peut mesurer son importance au rôle décisif qu’il joue depuis vingt ans ; il suffit de déterminer l’influence qu’il a eue sur tous les jeunes peintres qui sont venus après lui. Et je ne parle pas de certains peintres ses aînés, qui l’ont pillé parfaitement, avec une habileté d’assimilation incroyable, tout en affectant de sourire de lui ; ces messieurs lui ont pris sa couleur blonde, sa justesse de ton, son procédé naturaliste, non pas naïvement, mais en accommodant cette peinture au goût du public, de façon qu’ils ont eu la foule pour eux, tandis qu’elle continuait à bafouer M. Édouard Manet. Il en est toujours ainsi, les habiles triomphent sur le corps des naïfs. Quant aux jeunes peintres qui ont beaucoup profité des oeuvres de M. Manet, ils forment aujourd’hui une vaste école, dont il devrait être le véritable chef; ils ont beau ne pas le reconnaître pour tel, le discuter, le trouver incomplet, dire qu’il n’a pas tenu ses promesses et que l’artiste en lui est resté inférieur à la formule nouvelle qu’il apportait après Courbet et les paysagistes, il n’en est pas moins vrai qu’ils lui ont chacun emprunté quelque chose et qu’il a été le rayon de vérité qui leur a ouvert les yeux, lorsqu’ils tâtonnaient encore sur les bancs de l’École des beaux-arts. Voilà la véritable gloire de M. Édouard Manet : son influence a atteint les élèves de M. Gérôme et de M. Cabanel, en passant par les impressionnistes, qui sont ses fils directs.

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