Le cabaret à Paris au XVIe et XVIIe siècle

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Le cabaret des amis poètes au  XVIe et XVIIe siècle

Rabelais et les poètes de la Pléiade à la Pomme de Pin, Racine au Mouton Blanc tandis que Molière et Boileau s’échauffaient, polémiquaient et se moquaient de la Cour du Grand Louis à la Croix-Blanche.

Le statut des cabaretiers apparaît à la fin du XVIe siècle. C’est le signe qu’un nouveau type d’endroit est apparu. Dans le luxe des détails des chartes des différentes corporations et métiers de Paris, les cabaretiers se distinguent des taverniers. Alors que ces derniers ne peuvent vendre que du vin au pot, les cabaretiers –qui payent plus de taxes- peuvent vendre le vin au détail et surtout, ils ont le droit à servir à manger, différence qui s’estompera plus tard.

Cabarets Paris 17e siècle

Entre les disettes, les guerres et les dépenses de la Cour, le petit peuple ne fut pas à la fête durant les dernières années du Grand Louis…Voltaire raconte qu’à la mort de Louis XIV, le peuple de Paris s’enivra au vin pour fêter l’événement.

mouton_blancLa Fontaine n’est peut-être plus là. Mais l’âme de nos grands auteurs imprègne encore les murs de l’Auberge Mouton Blanc. (lien sponsorisé)

Boire et manger dans un endroit un peu moins puant que les tavernes, voilà ce qui plaît aux poètes et lettrés qui les fréquentent sans s’économiser. L’heure est aux cabarets fameux. Rabelais fréquente La Pomme de Pin à l’extrémité du Pont Notre-Dame (même si un autre cabaret éponyme se trouvait situé place de la Contre-escarpe). On y verra également les poètes de la Pléiade, Ronsard et du Bellay encore que le Cabaret de la Madeleine ait eu aussi leurs faveurs…

Plus tard, durant le règne de Louis XIV, Cyrano de Bergerac ou Racine videront force pintes au Mouton Blanc, au Radis Couronné ou à la Fosse aux Lions rue du Pas de la Mule à deux pas de la Place des Vosges. Molière, souvent rejoint par Boileau, passait ses soirées avec des libertins, au Cabaret de la Croix de Lorraine ou à celui de La Croix-Blanche. Cette fréquentation nocturne des cabarets par l’ami Poquelin viendrait à l’appui de la thèse que c’est Corneille qui serait l’auteur des pièces de Molière. Dans ce procès à charge où l’argument principal est donné par une analyse de la statistique du langage des œuvres, il ne fait pas bon pour Molière d’avoir fréquenté le cabaret… Même 350 ans plus tard.

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