Thé, café ou chocolat ? Les boissons exotiques à Paris au XVIIIe siècle

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the-cafe18e_affiche«Celui qui n’a pas vécu au XVIIIe siècle avant la Révolution ne connaît pas la douceur de vivre.» La phrase célèbre de Talleyrand jaillit à l’esprit à la visite de l’exposition «Thé, Café ou Chocolat ?» au musée Cognacq-Jay. Ce petit musée, créé grâce au legs du fondateur de la Samaritaine, a rassemblé des dizaines d’objets et d’œuvres d’artistes emblématiques des Lumières autour des trois boissons exotiques apparues en France au XVIIe siècle et qui ont connu un essor sans précédent au siècle suivant, principalement chez les élites du fait de leur prix. « Éclatante manifestation de l’art de vivre au XVIIIesiècle, la consommation de ces boissons chaudes connaît en France un développement qui va de pair avec celui des manufactures de porcelaine» note ainsi le dossier de présentation.

Et dans cette « douceur de vivre », nostalgie de Talleyrand et firmament de l’Ancien Régime, la consommation du café, du thé ou du chocolat dans la sphère sociale ou intime devient peu à peu des rituels aussi codifiés qu’un sacrifice humain chez les Mayas.

Les corporations – à commencer par celle des limonadiers, créée en 1676- ont essayé de s’arroger le monopole de leur distribution. Et ce sont bien ces boissons exotiques, à commencer par le café, qui ont accompagné la diffusion et le partage des idées nouvelles des philosophes, notamment dans ces fameuses maisons de cafés qu’on va très vite appeler cafés.

Le café des Patriotes en 1792 près le club des Jacobins, rue Saint-Honoré par Jean-Baptiste Morret – Musée Carnavalet

Le café des Patriotes en 1792 près le club des Jacobins, rue Saint-Honoré par Jean-Baptiste Morret – Musée Carnavalet

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Ces « manufactures de l’esprit tant bonnes que mauvaises» pour reprendre la formule de Diderot passent de 380 en 1723 à 2000 en 1789. De là à dire que l’apparition du café est l’un des engrenages de la minuterie qui allait conduire à 1789… Qui le niera. Il n’empêche, en ces jours où l’on va se souvenir Waterloo, la coïncidence de la tenue de cette exposition avec la grande bataille point final de la Révolution, ne manque pas de saveur.

Les thématiques d’une exposition

L’exposition, supportée par le mécénat des Cafés Richard, est bâtie autour de trois axes, « Vertus et dangers des boissons exotiques », « cercles consommation » et «nouveaux services».

L’expo propose une nouvelle lecture des breuvages dans le quotidien du siècle des Lumières grâce à des tableaux de Boucher et de Chardin. Les dizaines d’objets exposés : tasses, moulins, cafetières, services à café, en disent long sur les rituels de sociabilité que ces « boissons exotiques » que sont le café, le thé et le chocolat. Et cette question qui nous taraude comment le cabaret -ancêtre des bistrots où l’on venait boire du vin sous l’ancien régime- a-t-il pu désigner également l’ensemble d’un service à café ou à thé, pur symbole de délicatesse et d’art de vivre sous les Lumières. Mystère de l’étymologie.

Un coffret dégustation des Comptoirs Richard pour revenir aux fondamentaux

Pour saluer l’exposition, les Comptoirs Richard proposent un coffret en édition limitée contenant outre le livret de l’exposition, un sachet de café bio du Marais, un de thé noir vanille caramel, du cacao poudre pur bio et un pochon confiseur. Prix de vente : 38€.

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