Une Belle Epoque entre cocottes et apaches !

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Pendant que les ouvriers des faubourgs triment et “s’anarchisent“, les cocottes et les apaches défrayent la chronique parisienne. Dans cette société bourgeoise et puritaine où la province catholique veut faire expier à la Capitale la Commune, Paris devient la « lumière» du monde. Mais pas pour sa vertu, plutôt pour ses « petites femmes» dont le mythe naît à cette époque.

Une soirée Pré Catelan en 1909 par Henri Gervex - musée Carnavalet

Une soirée Pré Catelan en 1909 par Henri Gervex – musée Carnavalet

“Des grandes horizontales aux pierreuses ! “
Bien que la prostitution ait été de toutes les époques l’une des principales « industries » de la capitale, les longues cohortes des femmes de petite vertu vont symboliser un Paris du plaisir à la fin du XIXème siècle. Un pôle magnétique dans l’Europe pour tous les amateurs de sensations et de couleurs, à commencer par le futur Roi d’Angleterre Edouard VI, grand amateur…
Les cocottes sont partout et d’abord au café, devant ou derrière le comptoir. Elles ont leur hiérarchie. Tout en haut, les mythiques, celles pour lesquelles les grands se ruinent. Une Nana de Zola ou une Odette de Crécy de Proust, appartiennent à cette catégorie appelée les “grandes horizontales“. Au-dessous, il y a toute une hiérarchie, entre les danseuses du Moulin Rouge si aimée par Toulouse-Lautrec, aux modistes intermittentes, pour finir dans les faubourgs par les “pierreuses“, qui œuvrent à l’ombre des “fortifs“…

Quand les “cocottes” investissent les brasseries
Alors que le nombre de bordels parisiens tombe de 200 en 1850 à 110, trente ans plus tard, le nombre de filles quant à lui ne diminue pas. Elles ont investi les brasseries, plus de 1000 serveuses forts “serviables“ œuvrent dans 200 brasseries*. «Dans ces brasseries, les filles circulent librement en se permettant toutes les privautés, et les clients rivalisent de zèle avec les servantes : l’immoralité ne connaît pas de limite.», écrit dans ses mémoires le chef de la police de l’époque, cité par Alfred Fierro dans son dictionnaire de Paris.

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Casque d’Or et les apaches

Le Paris de la Belle Epoque n’était pas plus sûr que celui d’aujourd’hui. Au contraire. Les apaches, ces mauvais garçons qui appartiennent en général à la pègre, faisaient régler leur loi sur le pavé des faubourgs de Belleville. Ils effraient le bourgeois, par leur culte du corps, leur code et leur violence mortelle. Quand l’apache surine un bistrotier, ce dernier s’en remet rarement.

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Libres, les femmes des apaches, n’étaient pas leurs soumises, mais leurs égales. Pour preuve l’affaire de Casque d’Or en 1901 où deux chefs de bandes du 11ème arrondissement entre Roquette et Chemin Vert se livrent à une vendetta durant plusieurs mois pour les beaux yeux d’une belle. Un mythe se créé dans l’opinion, relayé par la presse et popularisé par Jacques Becker, un demi-siècle plus tard.

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