Producteurs laitiers et producteurs de fruits et légumes relancent leurs actions

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Les producteurs laitiers s’attaquent au « Président » et ceux des fruits et légumes reçoivent le soutien de « Buffalo Grill » 


… Ce n’est pas nouveau. Quel que soit le produit alimentaire, du producteur au consommateur il y a un long tunnel obscur où le prix se distend tellement qu’il en devient indécent … 
Industriels de l’agroalimentaire et grandes surfaces s’accusent mutuellement de cet état de fait depuis des années. Et les efforts des gouvernements pour parvenir à plus de vertu et de transparence semblent voués à l’échec.



Les producteurs de lait ou de légumes ne se résignent pas à vendre à perte tandis que d’autres encaissent des profits sur le dos de consommateurs tondus. Le début du mois d’août 2010 l’a encore prouvé. Ainsi la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs ont lancé le 4 août, un ultimatum aux principaux industriels du secteur. Ces derniers ont jusqu’au 12 août pour revenir à la table des négociations.

10951Les producteurs laitiers qui ont vu leurs revenus chuter de 50% en 2009 souhaitent profiter de la hausse des cours. Il est vrai que les grands syndicats ont également peur de se voir doubler par la base et notamment par l’APLI (Association des producteurs de lait indépendants) à l’origine de la grève du lait en septembre 2009. 
D’où des opérations de boycott et de « stickage » sur les produits phares des trois géants : « Camembert Président « (Lactalis), « Caprice des Dieux » (Bongrain) et « Vache qui rit » (Bel). Si les actions ne donnent pas de résultats, la grève du lait pourrait bien menacer de nouveau. 


Le vilain Lactalis 
Les « méchants » ne sont pas toujours ceux qu’on croit. Ainsi, Lactalis N°1 européen des industriels fromagers est toujours prêt à mettre en avant la défense du patrimoine fromager français et de ses AOC. Il domine notamment le Roquefort, le reblochon et intervient dans 34 autres AOC mais il est le principal visé par la grogne des producteurs laitiers pour son refus d’accorder un prix de 330 € la tonne. 


Et le gentil Buffalo Grill 
Inversement, Buffalo Grill, au centre de toutes les accusations lors de la crise de la vache folle serait-il devenu un parangon de vertu ? Le fait est que son patron a mis les 330 parkings de la chaîne à la disposition des producteurs de primeurs pour leur permettre de vendre directement aux clients. 
Pierre Priolet, porte-voix auprès des médias des producteurs de fruits et légumes en difficulté craignant que la chaîne ne profite de la détresse de ses collègues pour se faire un gentil coup de pub à peu de frais a posé ses conditions comme l’explique le Monde du 6 août. Ainsi, Jean-François Sautereau, le PDG de Buffalo Grill a dû s’engager à acheter 100% de sa viande en France pour les steaks hachés et 50% pour le reste. Soit deux fois plus qu’aujourd’hui. L’accord sera-t-il respecté et pourra-t-on le vérifier. Réponse dans plusieurs mois.

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