François Pugibet, le bitterois qui allège le vin

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Vigneron bitterois visionnaire et technologique, François Pugibet a toujours eu une longueur d’avance. Dès les années 60, ce “5eme génération” sur son domaine de la Colombette, au grand dam de ses voisins, arrache et replante des cépages peu connus en Languedoc tels que syrah, chardonay, sauvignon ou lledoner. En 1995, il décroche le titre de meilleur chardonay du monde. Avec sa barbichette à la Gambetta, le père Pugibet évoque un peu l’image et l’esprit des débuts de la IIIe République, animée par le progrès et le positivisme.

A partir de 2001, il parvient à réaliser, en recourant à l’osmose inverse et à une colonne de distillation, un vin qui titre 9°, baptisé Plume.

En 2008, Plume remporte la médaille d’or du concours Wine innovation awards. Plume se décline en blanc (chardonnay), en rouge (grenache), et rosé (assemblage de grenache/syrah). A l’aveugle, ses Plumes ne présentent aucune faiblesse structurelle et libèrent la fraîcheur et les arômes de fruits qu’on attend d’un bon vin de pays languedocien. Surtout, même après trois verres, aucun tournis ni envie de sieste à la sortie de table. Intéressant, en ces temps de réchauffement climatique où le titrage a tendance à monter.

François Pugibet croit dur comme fer à un grand destin pour ses Plumes. «Ce n’est pas une question de gendarmerie, c’est une question de santé. Le seul élément toxique c’est l’alcool dans le vin.» A l’entendre, l’administration ne semble pourtant pas goûter son « Plume » et lui mettrait pas mal de bâtons dans les roues notamment pour l’export. «Quand les Bourguignons ou les Champenois chaptalisent, on ne leur dit rien… » constate-t-il amer.

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Qu’importe, l’homme fourmille de projets. Son vignoble s’est considérablement agrandi avec le rachat du domaine Bio le “Clos Barbejo”. Au total, un vignoble de 62 ha pour lequel il met au point une taille mécanisée et un système d’irrigation en goutte-à-goutte. Evidemment, en ce pays de Languedoc où la vigne est pourvoyeuse de main d’œuvre, un vignoble aussi vaste avec si peu d’employés ça fait jaser… «En 1840 quand l’usage du sécateur s’est généralisé, nombreux sont ceux qui souhaitaient le faire interdire car il allait entraîner des suppressions d’emplois pour la taille » explique-t-il. L’économie a prouvé depuis la révolution industrielle que la productivité n’était pas l’ennemie de l’emploi. A Pugibet de le démontrer avec ses vins. Réponse dans vingt ans.

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