Attentats du 13 novembre 2015 : les bistrots en première ligne.

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(DR : Jean de Lardemelle)

(DR : Jean de Lardemelle)

A Paris, du jour au lendemain, le sens des choses a changé. Certains bistrots sont devenus tels des temples bouddhistes d’Asie du Sud-Est. Ils scintillent dans la nuit à la lueur des chandelles qui éclairent les offrandes : fleurs, poèmes et mots de souvenir.

 

 

 

 

 

attentat-belle-equipe1Amis, voisins et simples Parisiens aux pupilles humides se recueillent autour du Carillon, de la Belle Equipe, du Petit Cambodge ou de la Bonne Bière, là où des hommes et des femmes sont morts mitraillés pour avoir été à leurs terrasses un 13 novembre 2015 vers 21h30. Une quarantaine de morts. A chaque fois, il s’agissait d’emplacements à des angles de rues.

 

 

 

 

 

 

 

C’est l’âme de Paris qui a été visée. Ni Fouquet’s, ni le Café de la Paix, ce ne sont pas les grandes maisons des beaux quartiers qui ont été frappées. Mais le cœur du Paris populaire, celui de quartiers bistrotiers par excellence, des 10e et 11e arrondissement, où la jeunesse afflue en soirée. Et où, en journée, le bistrot demeure un pivot et un lien de mixité sociale tel ce Carillon tenu par la même famille kabyle depuis 40 ans.

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Durant les fusillades, Au Baromètre, au Cadran Voltaire et dans des dizaines d’autres lieux, les troquets ont servi d’abris, recueilli et réconforté les égarés dans cette nuit de terreur. Bref, partout patrons et personnels ont été à la hauteur.

Et maintenant que faire ? Déserter terrasses et comptoirs, se claquemurer chez soi pour se scotcher devant BFM ? Et offrir ainsi une jolie victoire aux abrutis qui croient se taper 10 000 vierges après leurs forfaits.

paris-LogoFluctuat Nec Mergitur ! Cette ville en a vu d’autres. Des cosaques défilant sur les grands boulevards en 1815 à la Libération de Paris du 26 août 1944 où elle a failli disparaître sous les bombes d’Hitler. Bref, c’est le moment de montrer l’esprit de résistance de Paname. Mais pas pour trois jours mais pour la vie afin de faire des terrasses des cafés des symboles de résistance à la « connerie » humaine. Le 19 novembre, c’est le beaujolais nouveau. Première bataille.

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