Robert Ebguy et ses Pépites de Café

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Des livres sur les brèves de comptoir, il y en a toujours eu. Celui de Robert Ebguy, sociologue, analyste des médias, est frais, léger et de notre temps. L’auteur a réuni ces quelques perles qu’on peut entendre parfois dans ces moments magiques qui se créent au comptoir. En les lisant, on savoure, au-delà de leur apparente bêtise du café du commerce, une absurdité que n’aurait pas reniée Queneau.
En vieux farceur, Robert Ebguy a l’honnêteté intellectuelle de reconnaître que certaines sont de lui car le « bistro, il n’y a rien de tel pour dire des bêtises. »

Quel est le moment le plus propice pour saisir ces pépites ? «C’est évidemment, l’heure de l’apéro entre 16 et 18 heures.
Mais, l’après-midi peut être également propice à condition qu’il s’y créé une mécanique de dialogue entre les clients du comptoir.

Marathon des Leveurs de Coude, 2007

Robert Ebguy au Marathon des Leveurs de Coude, 2007

Certains sont aussi plus doués pour lancer les débats ?
Il faut avoir un histrion. Celui qui vocifère, qui est sûr de son bon droit, sûr de lui, de son bon sens, quand il parle. Un bon histrion va servir de catalyseur aux autres, à ses voisins de comptoir, les amener à participer et à lancer à leur tour des perles et à se désinhiber. Mais il est vrai que les inhibitions sont solubles dans l’alcool.

 

 

 

Le comptoir demeure une scène ?
C’est vrai. Et c’est difficile pour moi d’y résister. Parfois, il m’arrive de lancer «comme disait Balzac, dans les Misérables….» Il y en a toujours un pour dire à voix basse au départ, “mais non ce n’est pas Balzac” Et là, c’est parti…
J’adore aussi faire passer un de mes copains pour un commissaire de police alcoolique que je martyrise en public…

Quels sont les bistros qui vous inspirent le plus ?
Ceux de la Montagne Sainte-Geneviève, comme Les Pipos et le Verre à Pied.

Pépites de Café par Robert Ebguy
Bernard Pascuito Editeur
10 €

Quelques pépites…

– Au comptoir, il n’y a que des amis, il faut se méfier des gens qui boivent assis.
– Ah, bon…

-Dans ce bistro, il n’y a pas que les grands esprits qui se rencontrent, les cons aussi.

– Le trou de mémoire est le cache-sexe de l’ignorance

La différence entre les Bretons et les Auvergnats, c’est qu’ils ne sont jamais du même côté du bar.

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