« Autrefois la vigne et les vignerons »

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« Autrefois la vigne et les vignerons »

A la lecture de ce petit ouvrage, on pourrait dire que la France ne fut pas simplement la fille aînée de l’Eglise, elle fut aussi celle de la vigne. Il suffit pour cela de se référer à la superficie plantée en 1866, soit 2,3 millions d’ha. Soit trois fois plus qu’aujourd’hui…
Le livre illustré par des cartes postales touchantes est plutôt centré sur la seconde partie du XIXème siècle jusqu’au premier conflit mondial. On y mesure ainsi la dévastation que produisit le phylloxera dans le vignoble. On y apprend par exemple qu’en 1850 le vignoble charentais était le plus grand du monde avec 235 000 ha. Quarante ans plus tard il avait fondu de 200 000 ha.

Un chapitre est consacré aux révoltes et grognes vigneronnes qui ne manquèrent pas de 1907 à 1911. Celle du Midi emmenée par Marcellin Albert, mais aussi la grogne des vignerons champenois, quatre ans plus tard, contre les « faux champagnes ». Le livre fourmille d’anecdotes savoureuses, comme cette tentative du Lot-et-Garonne de faire inclure dans la délimitation du bordeaux, les vins du Bergeracois et du Marmandais en 1908. Ni l’origine Lot-et-Garonnaise du président de la République de l’époque, Armand Fallières, ni la preuve que bien des vins du Marmandais finissaient en bordeaux ne purent venir à bout du refus des Girondins d’ouvrir l’appellation Bordeaux au-delà des limites de leur département. Les grands châteaux eurent le dernier mot.

On mesure aussi l’importance sous la Belle Epoque de l’almanach pour les vignerons de chaque département. Ils avaient appris à lire avec l’école obligatoire. Et l’almanach qui égrainait les tâches vigneronnes mois après mois, au cellier comme dans les vignes était devenu leur bible.
Bref, sous ses dehors historiques ce livre agréable permet de revenir aux fondamentaux du vin qui traversent les époques. Seule différence peut-être à lire la liste des millésimes entre 1900 et 1949, la fréquence élevée des désastreux -notamment au début du siècle- ne semble plus de règle aujourd’hui. Usage massif des phytosanitaires et réchauffement climatique expliquent peut-être en partie cet état de fait. Mais peut-être n’est-ce qu’une illusion d’un nez sur le guidon ?

Autrefois la vigne et les vignerons
Jean-Michel Le Corfec
Editions Sud-Ouest
Prix : 14,90€

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